À l’évocation de la vanille, les amateurs de cette célèbre plante aromatique penseront en premier lieu à l’île de Madagascar… beaucoup moins au Mexique. Le pays est pourtant le berceau historique de l’orchidée Vanilla planifolia, une liane cultivée bien avant l’arrivée des Espagnols. Cette production est aujourd’hui menacée, raconte Milenio dans un reportage.
Selon les chiffres du ministère mexicain de l’Économie, relayés par le quotidien, le Mexique ne détient qu’une part marginale du marché de la vanille, avec une production annuelle variant entre 500 et 600 tonnes et un volume d’exportation limité à 476 000 dollars (environ 405 000 euros), soit à peine 0,1 % des exportations à l’échelle mondiale.
Pour produire la gousse aromatique, la fleur de Vanilla planifolia a besoin d’être pollinisée ou “fécondée”. Or, cette plante ne fleurit que durant une courte période au mois d’avril, seulement le matin, et dans des conditions bien spécifiques – de préférence à l’ombre, par une température ne devant pas dépasser 32 degrés. La fécondation s’effectue à la main, par le transfert du pollen de l’organe reproducteur mâle vers l’organe reproducteur femelle.
Interrogé par Milenio, Baldemar Santiago Martínez, agriculteur au sein d’une unité dédiée à la production de vanille dans l’État de Veracruz, décrit un travail délicat et exigeant effectué dès 5 heures du matin afin de profiter de la courte fenêtre durant laquelle les fleurs peuvent être fécondées.
De son côté, le directeur de la plantation, Raúl Degetau, insiste lui aussi sur l’urgence de reconnecter les agriculteurs de la région avec les savoir-faire ancestraux pratiquement perdus. “Cette année, il y a eu une véritable crise de la pollinisation. Pour un pollinisateur expérimenté, sur dix fleurs, les dix seront fécondées correctement tandis que pour un agriculteur inexpérimenté, seules deux seront fécondées, ce qui peut représenter un gaspillage important.”
D’après le site d’informations météorologiques Meteored, de nombreuses cultures, comme celle de la vanille, sont pollinisées manuellement alors qu’elles pourraient être effectuées par les abeilles à orchidées. Consulté par le média, le professeur au Centre de recherches tropicales à l’Université de Veracruz Miguel Ángel Lozano Rodríguez rappelle que ces insectes jouent un rôle fondamental dans les systèmes agroforestiers. Problème : leur disparition progressive oblige à reccourir toujours davantage à la pollinisation manuelle.
Une plante vulnérable
Même constat du côté de Gonzalo Samaranch, fondateur de Mestizas de Indias, une initiative d’agriculture régénératrice lancée avec son épouse maya, Martha Elena Chan Tuz, dans la péninsule du Yucatán. Tous deux ont été consultés pour un reportage d’El País América. S’appuyant sur les données de David Moreno Martínez, biologiste et spécialiste de la vanille, Samaranch alerte sur les effets du changement climatique, tels que la sécheresse, qui menacent directement cette orchidée.
Comme il le souligne au journal hispanophone, la fragilité de la plante réside aussi dans son mode de culture par bouturage : la plante est coupée, replantée, puis le processus est répété. Or, les variétés de vanille cultivées étant relativement peu diversifiées, cette faible diversité génétique accroît alors leur vulnérabilité face aux maladies et aux bouleversements climatiques.
À partir de ce constat, le reportage relève l’importance de la récente découverte de la “vanille maya”, une variété sauvage de la plante génétiquement différente de celles de Veracruz ou de l’État de Chiapas qui pourrait contribuer à “restaurer la diversité génétique de la vanille”.
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