Quand le sage montre la Lune, l’imbécile regarde le doigt. Le proverbe chinois ne visait assurément pas l’engoulevent à collier roux. D’abord, parce que le volatile n’a jamais posé une patte en Chine. Il passe l’été dans le sud de l’Espagne et au Maghreb, et l’hiver en Afrique de l’Ouest. Mais surtout parce que, avant même le geste du sage initié, Caprimulgus ruficollis se sera déjà envolé.
Chez lui, la Lune rythme chaque moment de la vie. Sa migration de printemps, il l’entame deux semaines après la pleine lune, une fois ses réserves bien constituées par une série de nuits claires successives. Même tactique à l’heure de la reproduction : la femelle pond ses œufs et les couve de façon que les poussins éclosent au pic de la disponibilité en insectes.
Car là est évidemment l’enjeu. Dans une étude publiée le 1er mai dans la revue Science Advances, une équipe de chercheurs espagnols et suédois vient de disséquer, de façon impressionnante, les liens entre les phases de la Lune et le « budget » énergétique des oiseaux. L’équipe de Anders Hedenström, à l’université de Lund (Suède), a développé des capteurs particulièrement performants pour suivre leurs faits et gestes. De son côté, Carlos Camacho étudie l’animal sous toutes ses coutures, depuis 2009, à la station biologique de Doñana, près de Séville, dans le sud de l’Espagne. Ils ont mis en évidence une adaptation tout à fait singulière à la vie nocturne et aux contraintes de celle-ci.
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