Le job hopping (“butinage professionnel”) a vraiment la cote outre-Atlantique. Une étude de la multinationale américaine Automatic Data Processing (ADP) relayée par le Financial Post révèle que les salaires des personnes qui changent régulièrement d’emploi au Canada “augmentent plus rapidement que ceux des travailleurs qui restent à leur poste”. Le salaire médian des travailleurs restés chez le même employeur au cours de l’année écoulée a enregistré une hausse de 3 %, contre une hausse de 5,6 % pour ceux qui avaient changé d’emploi au cours de la même période.
Cette semaine, nos articles sont
dans l’application
L’économiste en chef adjoint de la Banque royale du Canada, Nathan Janzen, explique au quotidien qu’il “est assez courant que les hausses de salaire soient plus importantes pour les personnes qui changent d’emploi”, et précise que cette tendance s’observe dans d’autres pays. C’est le cas au sud de la frontière canadienne, mais dans une moindre mesure, indique The Globe and Mail, en se fondant sur le même rapport : “Aux États-Unis, l’avantage salarial lié au changement d’emploi n’était que de 2,2 %, contre 5,2 % au Canada.”
Une adaptabilité vantée
Une autre étude portant sur 8 700 gestionnaires de fonds spéculatifs, dont fait part The Wall Street Journal, montre par ailleurs que les patrons et les recruteurs qui “ont souvent tendance à considérer les personnes qui changent fréquemment d’emploi comme peu fiables et susceptibles de partir” pourraient passer à côté de candidats dotés d’un atout majeur : “une grande capacité d’adaptation”. Des chercheurs des universités Cornell et Rutgers ont ainsi observé que ces butineurs professionnels n’avaient besoin que de deux mois pour être opérationnels, contre cinq mois pour les autres nouvelles recrues, et que la baisse de productivité à leur poste au moment de leur entrée en fonction était moindre. “Ils possèdent ce talent caché qu’on néglige en raison de ce préjugé à leur égard”, selon un des chercheurs, Scott Bentley.
La cheffe de produit de 37 ans Tarryn Lambert confie qu’au début de sa carrière elle a quitté trois postes à temps plein après moins d’un an à chacun d’eux. Elle pense que ce butinage lui a donné un avantage : “Je me sens très proactive et capable de m’intégrer très rapidement dans n’importe quelle entreprise.” Les job hoppers changent souvent d’emploi pour améliorer leur situation salariale, affirme le journal. Certains le font pour acquérir de nouvelles compétences, obtenir un nouveau poste ou se repositionner s’ils “traversent une période de turbulences dans leur domaine d’activité”.
Retrouvez l’actualité des expatriés chaque semaine
Les membres de la génération Z (ou “zoomers”) “qui changent d’emploi à un rythme record”, écrit The Toronto Star, ont d’autres raisons de butiner. Ben James, 26 ans, a été joueur de rugby professionnel et comptable avant de devenir recruteur et vendeur au sein de Randstad Canada. “C’est une question d’argent”, admet-il. Il n’est pas seul. Selon une nouvelle enquête menée par sa firme auprès de 3 500 Canadiens, 42 % des travailleurs de sa génération cherchent à changer d’emploi. Ils affichent ainsi “des ‘intentions de mobilité record’ pour trouver des postes répondant au mieux à leurs besoins, tels que des salaires plus élevés, un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée et plus de possibilités d’évolution”.
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !