Le président syrien, Ahmed Al-Charaa, a appelé mardi 7 juillet, lors d’une conférence de presse conjointe avec Emmanuel Macron, la France à jouer un « rôle actif » pour mettre fin aux « agressions israéliennes systématiques » en Syrie depuis la chute de l’ancien pouvoir. Le président français a pour sa part affirmé que les « incursions », « ingérences » et « frappes » des pays voisins n’étaient « pas acceptables ».
Emmanuel Macron est arrivé lundi soir en Syrie, quelques jours après un attentat à la bombe qui avait fait dix morts dans un café du centre de Damas. Le pays traverse un fragile processus de pacification après treize ans de guerre civile. Deux bombes ont explosé mardi à proximité de l’hôtel où le chef de l’Etat a passé la nuit à Damas, faisant 18 blessés et illustrant la fragilité de la transition politique en Syrie que le président est venu soutenir.
Le chef de l’exécutif français a jugé « nécessaire qu’à la dictature succède un véritable Etat de droit » en Syrie, où une coalition islamiste est au pouvoir depuis la chute de Bachar Al-Assad à la fin de 2024. Cela « permettra la construction d’une nouvelle Syrie et la prospérité de cette dernière », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse avec Ahmed Al-Charaa, affirmant se tenir à ses côtés pour « dire notre confiance dans le peuple syrien, dans votre travail, pour apporter la paix, la sécurité, la prospérité ».
Accords économiques
Le chef de l’Etat français, premier dirigeant d’une puissance occidentale à se rendre en Syrie depuis l’arrivée au pouvoir d’une coalition islamiste, a poursuivi normalement sa visite, marquée par la signature d’accords économiques.
Il a participé à un « forum économique consacré à la reconstruction de la Syrie », au cours duquel il a souligné le souhait de voir la Syrie retrouver son rôle de carrefour énergétique, notamment après le verrouillage par Téhéran du détroit d’Ormuz. « Nous voulons que la France soit notre premier partenaire dans ce parcours », a dit le président syrien. « Les opportunités, les intérêts des entreprises françaises sont convergents » avec le défi de la Syrie en matière de reconstruction et de stabilisation, a affirmé Emmanuel Macron.
Ahmed Al-Charaa a notamment annoncé s’être entendu avec son homologue français pour reprendre les relations au niveau des ambassadeurs des deux pays « le plus tôt possible ». L’ambassade de France à Damas a fermé en 2012, un an après le début du conflit en Syrie. Après la chute de Bachar Al-Assad et l’arrivée au pouvoir à la fin de 2024 d’Ahmed Al-Charaa, Paris a désigné un chargé d’affaires sans que l’ambassade rouvre ses portes.