À la façon d’une copie corrigée au feutre rouge par un maître d’école, l’expression “IA générative” est transformée en “Génération IA” à la une de la MIT Technology Review. Pour son édition de septembre-octobre, le magazine américain s’est intéressé aux plus jeunes : “Que signifie, pour nos enfants, grandir à l’âge des robots conversationnels et des agents d’intelligence artificielle [IA] ?” se demande-t-il.
Dans son éditorial, le rédacteur en chef Mat Honan justifie : “Nous devons préparer nos enfants à vivre dans le monde réel, celui que nous avons créé, pas dans celui dont nous rêvions. Comment pouvons-nous les aider à survivre et à s’épanouir dans l’univers que nous avons forgé ? À l’ère de l’IA, il y a urgence à répondre à cette question.”
Pour ce faire, l’équipe de la MIT Technology Review s’est associée à celle d’Anyway, un magazine qui s’adresse aux jeunes âgés de 9 à 15 ans. Ensemble, elles ont sélectionné les sujets à traiter. Surtout, elles sont allées à la rencontre d’enfants et d’adolescents aux États-Unis et leur ont demandé d’exprimer avec leurs propres mots ce qu’ils et elles ressentent à propos de l’IA et de ce qui les attend.
“Ces jeunes ont confié des idées complexes, passionnantes et, dans une immense majorité, profondes et sophistiquées”, assure le rédacteur en chef.
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Je m’abonne“Gênançomètre”
Cela ne signifie pas pour autant qu’il n’y a aucun danger avec l’IA. Les enfants peuvent réellement tomber sur des contenus inappropriés, s’en remettre à un chatbot plutôt qu’à leur propre jugement ou se fier à une réponse erronée. Et c’est précisément ce qui justifie qu’on les accompagne dans l’apprentissage d’outils d’IA. “Nous ne refusons pas d’apprendre à nos enfants à conduire. Nous leur enseignons à vérifier les angles morts”, font remarquer les auteurs de l’un des articles.
Ils l’ont accompagné d’un “cringe-o-meter”, qu’on peut traduire par “gênançomètre” : une échelle permettant aux jeunes interrogés d’évaluer le niveau d’embarras, ou “gênance”, suscité par les différentes situations passées en revue, par exemple demander à l’IA d’écrire un texto à quelqu’un qu’on aime bien ou encore de finaliser un projet créatif.
Filant la métaphore routière, les auteurs concluent : “Au regard de l’accès croissant à des outils d’IA qui pourraient en théorie penser, parler ou même se faire des amis à leur place, la plupart d’entre eux semble vouloir garder les mains sur le volant.”
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