KAMIL ZIHNIOGLU POUR « LE MONDE »
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Les coulisses du dernier G7 d’Emmanuel Macron, racontées par le photographe Kamil Zihnioglu
Par Kamil Zihnioglu (Photographe) et Allison Ferrera (Service photo)Reportage photoIl y a un protocole, et il y a Donald Trump. C’est, en substance, ce que retient le photographe Kamil Zihnioglu de ses trois jours passés à couvrir, pour « Le Monde », le sommet du G7 à Evian-les-Bains (Haute-Savoie).
Pour couvrir le sommet du G7 à Evian-les-Bains (Haute-Savoie), le « pool français » réunissait huit photographes, représentants d’agences filaires, de magazines et d’un quotidien national, Le Monde. Seul membre de la presse quotidienne nationale, Kamil Zihnioglu a pu assister à l’ensemble des séquences. Un privilège relatif : une journée type commence à 5 heures du matin, s’ouvre sur quarante minutes de bus, une heure de contrôle de sécurité (déminage, inspection du matériel) avant de déboucher sur plusieurs heures d’attente dans la salle de presse pour quelques minutes, parfois quelques secondes, passées devant les dirigeants. « Si je mets bout à bout tous les moments où j’étais réellement devant eux, on est peut-être à cinq ou six heures sur trois jours », résume-t-il. Le reste est attente.
Ce qu’il est important de capturer, dans ces instants, dépasse les apparences. Une poignée de main peut suggérer une grande complicité, tandis que l’atmosphère révèle clairement que ce geste est avant tout une mise en scène. « C’est souvent dans ce décalage entre la communication officielle et ce que les corps expriment que se trouvent les images les plus intéressantes. Quiconque se trouverait dans la même pièce observerait les mêmes gestes. La différence tient davantage à l’habitude d’observer et à la manière d’interpréter ce qui se joue », explique le photographe. Encore faut-il être en mesure de le voir, et donc de naviguer dans un dispositif conçu précisément pour l’en empêcher.
La chorégraphie et ses failles
Le protocole fixe l’essentiel de la scénographie et il est rarement possible de le contester. Les chefs d’Etat sont accueillis un à un par Emmanuel Macron sur le perron, dans un ordre précis, puis les rideaux sont fermés pour ne pas montrer comment les dirigeants s’installent autour de la table. Les journalistes sont aussi sommés d’attendre que le convoi présidentiel soit reparti avant de quitter une salle. Malgré ce cadre très strict, il existe toujours une marge : « C’est là que tout se joue : repérer un angle, un détail, un moment que les autres ne verront pas, note Kamil Zihnioglu. Les regards ou les attitudes racontent réellement. Souvent, c’est dans cet écart que naissent des images qui me parlent. » Lors de la séquence d’accueil au dîner de travail, par exemple, placé légèrement sur la gauche, il a pu saisir la silhouette de Donald Trump à contre-jour entre deux rideaux, omniprésent même dans l’ombre, une image que les photographes situés au centre n’ont pas pu faire.
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