Les « mesures d’urgence » mises en place par Israël après le 7 octobre 2023 ont exposé les détenus palestiniens « à la torture, à des décès potentiellement illégaux, à la détention au secret et à des conditions dégradantes », a dénoncé dans un communiqué, mardi 19 mai, Alice Jill Edwards, rapporteuse spéciale des Nations unies sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
Selon Mme Edwards, « le nombre et la cruauté des propos recueillis témoignent d’un mépris flagrant de la part d’Israël de son devoir de traiter tous les détenus avec humanité ». Elle dit avoir recueilli des informations sur 52 cas de torture ou d’autres mauvais traitements sous différentes formes, ainsi que 33 cas de tortures sexuelles et autres violences à caractère sexuel.
Parmi les cas rapportés figurent « des passages à tabac, des positions de stress, des moyens de contention excessifs, des électrocutions, la privation de sommeil, la malnutrition et la famine, une détention prolongée au secret », ainsi que des conditions de détention jugées « inhumaines et dégradantes ».
9 000 Palestiniens détenus en Israël
Par ailleurs, « les informations faisant état d’au moins 94 morts en détention depuis octobre 2023, qui n’ont pas fait l’objet d’enquêtes, ont suscité une vive inquiétude », a déclaré Mme Edwards. Les autopsies pratiquées dans plusieurs de ces cas ont révélé de multiples fractures des côtes, des hémorragies cutanées et des organes internes, ainsi que des lacérations des organes intra-abdominaux.
« Derrière chaque allégation se cache un être humain qui était totalement à la merci de ceux qui exerçaient un pouvoir sur lui », a souligné la rapporteure, réclamant « une enquête approfondie, indépendante et transparente, ainsi que la mise en cause » des responsables.
Dans une communication adressée aux autorités israéliennes, elle a relevé que sur les 1 680 plaintes déposées contre les services de renseignement israéliens aucune n’avait abouti à une mise en accusation. Mme Edwards a ainsi exhorté Israël à réexaminer et à réviser ses lois, ses politiques et ses pratiques en matière de détention.
Selon le bureau des procédures spéciales, plus de 9 000 Palestiniens sont détenus en Israël, dont 2 200 en tant que condamnés. Par ailleurs, la rapporteuse spéciale a précisé qu’elle avait entamé « un nouvel examen des accusations de torture et d’autres exactions commises par le Hamas, le Jihad islamique et d’autres groupes armés à Gaza, ainsi que par l’Autorité palestinienne en Cisjordanie ».