Le gouvernement américain observe une pause temporaire à travers le monde dans les rendez-vous en vue d’obtenir un visa pour émigrer aux Etats-Unis, a annoncé, mercredi 26 août, le département d’Etat. Pris hors du territoire américain, ils consistent essentiellement en un entretien entre un ressortissant étranger demandeur de visa et un agent consulaire. Ils seront « ajustés » afin de permettre la formation de ces derniers, a affirmé dans un courriel à l’Agence France-Presse (AFP) un porte-parole du département d’Etat, confirmant des informations de la presse américaine.
Cette mesure exceptionnelle s’applique à toutes les ambassades et consulats américains à travers le monde. Elle ne concerne pas les visas de tourisme, étudiants, d’affaires ou pour travailler temporairement aux Etats-Unis. Il n’a pas été précisé quand ces rendez-vous pourraient reprendre, mais un responsable du département d’Etat s’exprimant sous couvert d’anonymat a évoqué une pause de « plusieurs semaines » selon les ambassades.
La formation, initiée au début du mois d’août mais qui a commencé cette semaine, vise notamment à s’assurer que « les demandeurs de visa ne risquent pas de devenir une charge pour l’Etat », selon le département d’Etat. Celui-ci s’emploie ainsi depuis le début de l’année à mettre à jour les directives et les formations relatives à la notion de « charge publique ».
Les ressortissants étrangers demandeurs de visas doivent être avisés des changements dans les rendez-vous avec les agents consulaires qui pourront être reprogrammés, a ajouté la même source.
Près de 200 000 demandes d’asile prêtes à être révoquées
Le président américain, Donald Trump, a fait de la lutte contre l’immigration clandestine une priorité, expulsant massivement des immigrés en situation irrégulière, mais restreignant aussi largement, parfois de façon draconienne, l’entrée légale des ressortissants étrangers, et réprimant sévèrement les étrangers qui outrepassent la durée de leur séjour aux Etats-Unis. Plusieurs de ses mesures phares ont cependant été retoquées par la justice.
Mardi, l’administration américaine avait déclaré être prête à révoquer les visas d’affaires et de tourisme de jusqu’à 200 000 étrangers ayant fait une demande d’asile aux Etats-Unis, ce qui serait, selon la Maison Blanche, « la plus grande révocation de visas dans l’histoire » du pays.
Début août, le département d’Etat avait annoncé que depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, en janvier 2025, quelque 175 000 étrangers aux Etats-Unis avaient vu leurs visas révoqués pour des motifs aussi variés que des activités criminelles, des infractions à la loi de type conduite sous influence ou encore pour avoir « célébré » l’assassinat du conservateur Charlie Kirk. Une juge fédérale américaine a cependant déclaré illégal, le 22 août, le gel décrété en janvier pour 75 pays des procédures de visas permettant de résider de manière permanente aux Etats-Unis.