C’est un “face-à-face” qui “alimente les spéculations” sur l’imminence d’une bataille pour la direction du Labour, note The Standard.

Le Premier ministre Keir Starmer doit s’entretenir mercredi 13 mai à Downing Street avec son ministre de la Santé Wes Streeting – présenté par la presse britannique comme l’un de ses rivaux – pour évoquer le “tumulte” qui secoue la formation travailliste depuis sa défaite électorale cinglante début mai, rapporte The Times.

Alors que le chef du gouvernement britannique a jusqu’ici balayé des appels à la démission de plus en plus nombreux, Streeting compte l’affronter en lui demandant “comment il compte” sortir le gouvernement “de ce bourbier”, révèle le quotidien. Des soutiens de cette figure de l’aile droite du Labour ont affirmé au Times qu’il envisageait de “se porter candidat à la direction du parti, après que près de 100 députés – dont quatre ministres –, ont appelé le Premier ministre à quitter ses fonctions”.

Quatre sous-secrétaires d’État ont également annoncé mardi qu’ils quittaient leurs fonctions en signe de défiance envers le Premier ministre : Miatta Fahnbulleh (logement et collectivités), Alex Davies-Jones (victimes), Zubir Ahmed (santé) et Jess Philipps (chargée de la lutte contre les violences faites ‌aux femmes), qui a ​dit ne pas voir « de signe du changement que le pays attend ».

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Les rebelles travaillistes “muselés”

Bien qu’il soit de plus en plus fragilisé, Starmer a affirmé mardi vouloir “continuer à gouverner”. Le Premier ministre a promis dans la soirée d’avancer dans ses projets de réforme ​du pays. Dans un communiqué, Keir Starmer a souligné que la Grande-Bretagne se trouvait “à un moment crucial” avec, a-t-il dit, le choix entre “avancer sur le projet de construction d’un pays plus solide et plus équitable, ou revenir au chaos et à l’instabilité du passé”.

Lors d’une réunion du gouvernement organisée mardi matin, certains analystes s’attendaient à ce que plusieurs ministres prennent la parole pour lui demander de partir. “Mais aucun d’entre eux n’en a finalement eu l’occasion”, raconte The Daily Telegraph qui rapporte comment le Premier ministre a “muselé” les travaillistes “rebelles”. “Après avoir pris place, Starmer a prononcé une déclaration préparée à l’avance dans laquelle il a défendu son droit à rester en fonction au sommet de l’exécutif”. “Le Parti travailliste dispose d’un processus pour contester un dirigeant, et celui-ci n’a pas été déclenché. Le pays attend de nous que nous gouvernions. C’est ce que je fais, et ce que nous devons faire en tant que gouvernement”, a-t-il martelé.

“Sur ces mots”, rapporte The Telegraph, le travailliste “a coupé court à toute intervention de ses lieutenants agités, passant immédiatement au point suivant de l’ordre du jour consacré à l’impact économique de la guerre en Iran. Cette manœuvre clairement planifiée a empêché d’éventuels rivaux de prendre la parole et de semer davantage de doutes sur son leadership.”

Starmer espère “retrouver de l’élan” lors du discours du roi

“Cette crise persistante risque” toutefois “d’éclipser le faste et la solennité de la journée” de mercredi au cours de laquelle le roi Charles doit ouvrir formellement la deuxième session du Parlement élu en 2024 et présenter les réformes à venir de l’exécutif, note le tabloïd The Sun.

Selon The Guardian, Starmer espère à cette occasion “retrouver de l’élan” grâce à la présentation, lors du discours du roi, de dizaines de projets de loi travaillistes portant sur des sujets aussi variés que la nationalisation du sidérurgiste British Steel, les énergies vertes ou l’immigration.

Sur ce sujet, le gouvernement devrait notamment présenter un projet de loi visant à restreindre l’application de la Convention européenne des droits de l’homme pour faciliter les expulsions, déjà annoncé en novembre par la ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood. Il devrait aussi faire part de son projet de limiter les possibilités de recours des demandeurs d’asile déboutés.

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“Mais à Westminster, nul ne sait encore si Sir Keir restera suffisamment longtemps à Downing Street pour pouvoir mettre en œuvre les réformes promises”, observe la BBC.