Il y a six films sinon iraniens, du moins réalisés par des Iraniens, cette année à Cannes. Quatre longs (Histoires parallèles, d’Asghar Farhadi, Viendra la révolution, de Pegah Ahangarani, Dans la gueule de l’ogre, de Mahsa Karampour, Living Twice, Dying Thrice de Karim Lakzadeh) et deux courts-métrages (Playground, du chef opérateur Amirhossein Shojaei, Growing Stones, Flying Papers, film d’animation de Roozbeh Gezerseh et Soraya Shamsi). Une attention particulière les accueillera dans le contexte tragique qui frappe aujourd’hui le peuple iranien.
A Cannes, dans ce milieu de professionnels du cinéma, personne n’aura la naïveté de croire que ces films se confrontent à une guerre qui a commencé à la fin du mois de février. Mais tout le monde aura à l’esprit que le cinéma compense l’effet retard de sa propre fabrication par sa capacité médiumnique à voir les choses venir. Par ailleurs, si ces œuvres n’ont pas commencé avec la guerre, celle-ci en a rattrapé certaines en cours de réalisation, ce qui n’est pas sans importance.
« Clandestins » de l’intérieur
Peu de ces cinéastes s’autorisent à parler librement de la situation, soit qu’ils puissent en pâtir directement, soit que des membres de leur famille, encore en Iran, se trouvent exposés à des représailles. Tout le spectre de la création iranienne s’y trouve en tout cas représenté, entre cinéastes exilés (la majorité), cinéastes « clandestins » de l’intérieur, ou, cas beaucoup plus rare, réalisateur susceptible de se partager, professionnellement et artistiquement, entre l’Iran et l’étranger.
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