Maurice Freund, qui a œuvré toute sa vie pour promouvoir un tourisme équitable en Afrique, une autre manière de voyager, est mort samedi 9 mai, dans sa résidence ardéchoise, à l’âge de 82 ans. Le fondateur du Point Mulhouse, puis du Point Afrique, deux sociétés coopératives qui ont marqué leur époque, s’est éteint alors que la situation politique et sécuritaire a rendu son rêve impossible dans la région du Sahel, qu’il aimait tant. Il n’a jamais abandonné : il se trouvait encore au Tchad en février 2026, dans l’espoir d’amener dans les montagnes du Tibesti et sur le plateau de l’Ennedi des groupes de voyageurs animés par la même éthique de vie que lui.
Rien ne prédisposait cet homme né en Alsace pendant la guerre, en 1943, qui n’a pas connu son père, enrôlé de force dans l’armée allemande – un « malgré-nous » –, à devenir un voyagiste rebelle, un « Robin des airs », comme il se décrit dans son autobiographie (Est-ce ainsi que les hommes volent. Mémoires d’un Robin des airs, La Martinière, 2016). Il pousse la coquetterie jusqu’à écrire : « Créer une compagnie aérienne, au fond, je n’en avais rien à faire. Je n’ai pas d’amour particulier pour les avions, et je déteste “voyager”. » Pourtant, c’est ce qui occupera l’essentiel de sa vie bien remplie.
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