Ann Widdecombe, figure de la droite conservatrice au Royaume-Uni dont le meurtre fait l’objet d’une enquête de la police antiterroriste, a été victime d’une « attaque ciblée », a déclaré, mardi 14 juillet, Laurence Taylor, le chef de la police antiterroriste britannique. « L’enquête étant en cours, je ne peux pas donner beaucoup de détails », a-t-il toutefois prévenu lors d’une conférence de presse.
Ann Widdecombe, ancienne députée conservatrice âgée de 78 ans, a été retrouvée morte, jeudi 9 juillet, à son domicile dans le Devon, dans le sud-ouest de l’Angleterre. Elle était la porte-parole du parti anti-immigration Reform UK. Son corps présentait de « graves blessures » mais la piste terroriste avait, dans un premier temps, été écartée, avant que la police antiterroriste ne soit saisie, lundi.
« Nous continuons à chercher à déterminer l’ampleur de la planification ou de la préparation éventuelle, ainsi que les motivations qui sous-tendent cette attaque », a fait savoir Laurence Taylor, mardi. La veille, il avait brièvement évoqué « de nouvelles informations et de nouveaux éléments de preuve » justifiant la saisine de la police antiterroriste, tandis que la ministre de l’intérieur, Shabana Mahmood, parlait de « plusieurs pistes ».
Un suspect toujours en garde à vue
Le principal suspect, un « ressortissant britannique blanc » de 28 ans, de Rotherham, dans le Yorkshire du Sud, initialement arrêté pour meurtre, puis relâché samedi, a été de nouveau arrêté, lundi, soupçonné cette fois d’avoir commis, préparé ou incité à commettre des actes de terrorisme, a fait savoir l’unité antiterroriste du sud-est de l’Angleterre. Il était toujours en garde à vue, mardi, selon l’agence britannique de The Associated Press.
Le chef adjoint de la police locale, Matt Longman, a déclaré, samedi après-midi, que l’attaque avait probablement « eu lieu mercredi 8 juillet vers 12 h 30 », soit vingt-quatre heures avant la découverte du corps d’Ann Widdecombe. La veille, il avait affirmé ne disposer « d’aucune information permettant d’affirmer qu’il s’agi[ssait] d’un crime à caractère politique ».
Nigel Farage a estimé, vendredi soir sur le réseau social X, que sa mort était un « terrible reflet de la Grande-Bretagne moderne », affirmant que les choses étaient « devenues encore plus dangereuses aujourd’hui » pour les élus politiques. Le premier ministre, Keir Starmer, a qualifié l’annonce de l’enquête pour meurtre de « vraiment choquante », tandis que la cheffe des conservateurs, Kemi Badenoch, s’est dite « abasourdie » par ce drame « horrible ».
Ann Widdecombe a été députée conservatrice de 1987 à 2010 et secrétaire d’Etat aux prisons de 1995 à 1997. Fervente supportrice du Brexit, Ann Widdecombe avait quitté les tories en 2019 pour rejoindre le parti de Nigel Farage, sous la bannière duquel elle a été élue députée européenne, avant de devenir porte-parole de Reform UK. Ann Widdecombe était également connue du public pour avoir participé à la version britannique de « Danse avec les stars » et à la télé-réalité « Celebrity Big Brother ».