Eduquer le système immunitaire à reconnaître puis à éliminer un agent infectieux : la vaccination reste aujourd’hui le moyen le plus efficace contre les pandémies. L’infectiologue Odile Launay, coordinatrice du centre de vaccinologie Cochin-Pasteur, décrit les limites de cette arme pour affronter le virus des Andes.
Existe-t-il aujourd’hui des vaccins contre les différents hantavirus ?
Oui, il en existe un. C’est un vaccin classique, qui utilise un virus inactivé, développé par les Coréens pour lutter contre ce que l’on appelle les « virus de l’Ancien Monde » – l’Asie, l’Europe, l’Afrique –, et plus précisément le virus de Hantaan, celui qui a donné son nom à la famille. Son efficacité est loin d’être parfaite et sa durée d’action relativement courte. Il a été développé dans les années 1990, utilisé en Corée et en Chine. Mais il ne marche pas contre les autres souches : ni les européennes ni celles du Nouveau Monde, dont le virus Andes qui nous préoccupe aujourd’hui.
Contre ce virus-là, il existe un projet développé par l’armée américaine. C’est un vaccin sous-unitaire à ADN : on injecte l’ADN et l’organisme produit l’antigène, ici deux protéines d’enveloppe du virus. La phase 1 d’essais cliniques a été achevée en 2023 avec des données de sécurité et d’immunogénicité satisfaisantes. Et j’ai appris qu’il y avait un vaccin développé par Moderna, mais je n’ai pas encore pu examiner en détail les données. Enfin, il y a plusieurs projets, encore en phase préclinique, de vaccins à ADN ou à ARN. L’un d’entre eux pourrait viser tout à la fois les virus de l’Ancien et du Nouveau Monde.
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