On ne choisit pas sa famille, mais on peut la quitter – en coupant le contact avec des parents peu aimants, par exemple. On peut aussi la réinventer en faisant famille autrement, que ce soit en s’expatriant à l’autre bout du monde ou en épousant de nouveaux modes de parentalité, comme ces jeunes Chinois qui trouvent leur “duo de circonstance” pour affronter les difficultés de la vie de famille ensemble, sans être en couple.

Au cœur des bouleversements sociétaux, la famille et la place qui lui est accordée disent beaucoup du contexte politique, religieux et social d’un pays, et surtout de l’époque. Autant dire que le sujet fait l’objet d’un traitement approfondi sur l’ensemble de la planète, à commencer par les pays attachés au modèle familial traditionnel, comme en Russie, où la presse indépendante travaille à décortiquer la propagande nataliste du gouvernement.

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Pour vous aiguiller parmi la profusion d’articles sur la filiation, nous vous proposons de revenir sur la question en quatre grands thèmes, avec ces dix articles que vous avez adoptés.

• La transmission intergénérationnelle

Fonder une famille, c’est transmettre. À l’évocation de ce mot, vous pensez peut-être à la transmission d’un secret trop longtemps enfoui à ses enfants. Mais vous pensez plus probablement à l’héritage – vous savez, ce sujet qui fait quelques heureux, mais a surtout la réputation de déchirer les familles et d’aggraver les inégalités de richesses. Parce qu’il fait l’objet de débats incessants, nous traduisions en 2023 ce long reportage de l’illustre journal britannique The Guardian.

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Cet héritage consiste parfois en “beaucoup, beaucoup d’objets”, comme le raconte Bloomberg, qui s’est intéressé à “la grande transmission” des baby-boomeurs : “Leurs descendants ne vont pas hériter seulement d’argent, mais aussi de montagnes de cartes de base-ball, de vaisselle et de collections en tout genre.” Par les temps qui courent, mieux vaut se réjouir de cette déferlante d’objets – quitte à les revendre sur Vinted après.

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• Une certaine obsession pour la natalité

En voilà un sujet dans l’air du temps, et que Courrier international surveille de près. Les taux de fécondité baissent et la crise démographique est une bombe à retardement, s’inquiète le monde, et, par extension, la presse. Les gouvernements s’en mêlent à coups d’incitations à procréer, comme aux Émirats arabes unis, où la natalité, devenue “priorité nationale d’une extrême importance”, à en croire le quotidien émirati Al-Khaleej, a le droit à son propre “ministère des Affaires familiales” depuis 2024. Ou, comme en France, pays du “réarmement démographique”, où les jeunes femmes auront le plaisir de découvrir une lettre “les sensibilisant à la question de l’infertilité” une fois leur 29e bougie soufflée. “C’est un rappel à votre horloge biologique, parce qu’elle tourne”, raillait, depuis Londres, The Independent.

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L’obsession est telle que certains se sont mis à blâmer nos amis les bêtes, avec l’idée que “ces animaux choyés [par des couples] auraient remplacé les enfants humains, contribuant ainsi à la chute du taux de natalité”, relatait The New York Times, lançant, un brin narquois : “Ne blâmez pas les chiens en poussette.”

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Ajoutez à cela qu’Elon Musk, milliardaire, dirigeant de la tech et grand prêcheur de la natalité (avec un soupçon d’eugénisme), dispose d’un “harem de mères”, et que, raconte la revue américaine The Atlantic dans cet article traduit sur notre site, ces “incubatrices” lui auraient offert 14 rejetons au bas mot, plus de doute : le sujet est éminemment politique.

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• La famille française vue de l’étranger

Si vous êtes familiers de notre rubrique “La France vue de l’étranger”, vous affectionnez sans doute ce rituel qui revient dans presque chaque reportage d’un correspondant en France, à savoir l’examen méticuleux de la personnalité des Français. Leur vie de famille n’y échappe pas, puisque ces derniers seraient particulièrement attachés au lien filial, tout en étant devenus allergiques aux enfants, avec leurs espaces no kids qui pullulent ; et, comble de l’histoire, les parents français seraient désormais inquiets pour l’avenir au point que l’exception française en matière de natalité (le “miracle”, même) appartiendrait au passé, comme nous l’a expliqué la journaliste Michaela Wiegel, correspondante en France du quotidien allemand de référence Frankfurter Allgemeine Zeitung.

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• Des familles en mutation

S’il faut un village pour élever un enfant, rien d’étonnant à ce que les jeunes parents soient au bord de la crise de nerfs : les voilà pris en tenaille entre la hausse mondiale des frais de garde, des aînés à charge plus longtemps, et des écoles en manque de moyens… Au point que certains pays prennent des mesures drastiques pour leur venir en aide – comme en Allemagne, où les cures thermales leur sont désormais offertes.

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Si la parentalité se corse, un autre phénomène, plus réjouissant, éveille l’intérêt des médias : la famille se déconstruit, voire se métamorphose. Les parents n’attendent plus à tout prix un petit garçon, de plus en plus de pères sont célibataires par choix, tandis que d’autres cherchent à s’impliquer davantage dans le parcours de grossesse, comme au Nigeria, raconte le quotidien local Premium Times.

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Autre signe de ces vents de changement, les médias se fendent régulièrement d’articles sur les bienfaits de la grande déstructuration familiale en cours. Jusqu’à se demander si la “figure paternelle” est réellement indispensable, comme le journal britannique The Independent, spécialiste des sujets de psychologie et de société, qui nous demande si le principal n’est pas de “pouvoir s’identifier à des modèles positifs”, qu’ils soient des amis ou des enseignants. Et conclut que l’amour et la stabilité d’une famille ne se mesurent pas au nombre de parents. Ni au nombre d’enfants, ajouterons-nous.

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