Alors que les embauches marquent nettement le pas chez les géants de la tech, les salaires sont à la hausse du côté des start-up spécialisées en intelligence artificielle (IA).

Ces entreprises bénéficient actuellement d’importants financements en capital-risque. “Ajoutez à cela un marché du travail très concurrentiel – car le vivier de talents est limité – et vous obtenez des offres d’emploi généreuses, accompagnées de systèmes de primes toujours plus ingénieux”, explique The Wall Street Journal.

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Aux États-Unis, le salaire d’entrée proposé aux ingénieurs logiciels tourne actuellement autour de 200 000 dollars (un peu plus de 170 000 euros) par an, soit une augmentation de 25 % par rapport à 2022. Certains diplômés en informatique issus des formations les plus réputées se voient proposer des salaires situés entre 250 000 et 300 000 dollars. Selon un recruteur, “le lauréat d’un concours de mathématiques, fort de neuf mois d’expérience professionnelle, s’est même vu offrir un salaire de base de 400 000 dollars [346 500 euros].”

Les jeunes pousses avaient pris l’habitude de compenser des salaires relativement modestes avec des plans d’actionnariat généreux. “L’idée était d’inciter les employés à rester grâce à la perspective d’une plus-value importante lors d’une revente ou d’une introduction en Bourse.” Elles préfèrent désormais proposer des salaires attractifs.

En matière de rémunération, ce qui aurait suscité des interrogations il y a un an est désormais considéré comme acceptable.” Une manne dont ne profitent en réalité que “5 à 10 % de candidats les plus performants” alors que les autres peinent à trouver du travail. “Ils ne veulent que les meilleurs”, confirme un recruteur.

L’argent coule à flots

Outre des salaires généreux, certaines start-up proposent des accords de participation aux bénéfices. “Un professionnel nommé responsable d’un secteur d’activité précis peut désormais se voir promettre 4 % des bénéfices.” Sans compter des primes de performance qui peuvent représenter jusqu’à 30 % du salaire quand l’objectif est atteint.

Cerise sur le gâteau : les employés ne sont plus obligés d’attendre une éventuelle introduction en Bourse pour revendre les actions qui ont été attribuées et toucher des liquidités. “La plupart des start-up en phase de développement avancé organisent une opération de rachat d’actions (OPA) pour leurs employés”, explique un fondateur.

“C’est le bon moment pour se faire embaucher dans une start-up”, résume le Wall Street Journal. Reste tout de même, pour ces entreprises, à fidéliser les talents qu’elles réussissent à attirer. “Quand l’argent coule à flots, une start-up doit cultiver un environnement qui donne envie aux employés de rester”, prévient un responsable du fonds d’investissement Google Ventures.