Des vagues de chaleur qui n’en finissent plus de déferler, des records de températures de l’air et de l’eau, des incendies gigantesques, des orages de feu, des milliers de personnes déplacées, des morts en surnombre… Si elle ressemble étrangement à une description de l’apocalypse, cette énumération n’est autre que celle des événements qui se sont produits en Europe depuis la dernière édition de Climatiques, le 2 juillet.
Considérés comme extrêmes aujourd’hui, ces événements seront probablement perçus comme relativement modérés dans quelques décennies, fait remarquer le directeur de l’Institut de recherche de Potsdam sur l’impact climatique, Johan Rockström, dans une interview au Temps.
Nous sommes nombreux à nous poser la même question que l’Américain Bill McKibenn, un journaliste et militant pour l’environnement : “[Cet été apocalyptique] suffira-t-il à relancer la lutte contre le dérèglement climatique ?”
Ne laissons pas les populistes s’emparer de la réponse et dominer le discours. Ne nous laissons pas berner par ceux qui, à l’instar de l’éditorialiste conservateur britannique Allister Heath, prétendent que, puisque “nous avons perdu la guerre contre le changement climatique, il est temps d’abandonner l’objectif de neutralité carbone”. Car réduire les émissions de gaz à effet de serre est plus que jamais essentiel. Certes, nous ne reviendrons pas en arrière, et il faudra aussi apprendre à adapter nos villes et nos campagnes. Mais continuer à viser la neutralité carbone permettra de limiter l’ampleur des dégâts.
Chaque jeudi, les pistes de la presse étrangère pour agir face au dérèglement climatique et s’adapter
Et il y a une bonne nouvelle : la façon d’y arriver ne relève pas de la magie ou d’une intervention divine : “Nous savons comment transformer nos systèmes énergétiques. Nous savons comment sortir progressivement du charbon, du pétrole et du gaz. Nous savons également comment développer massivement les énergies renouvelables, améliorer l’efficacité énergétique et électrifier une grande partie de l’économie”, soutient Johan Rockström. Et tout cela est déjà en route.
“Soudain, les énergies fossiles sont devenues bien plus chères que le renouvelable. Soudain, ce sont les technologies ‘vertes’ qui créent de l’emploi et des revenus, les barrières technologiques réputées insurmontables s’effondrent, les responsables politiques financés par les géants des énergies fossiles paraissent archaïques, ridicules, corrompus. Soudain, nous prenons conscience de l’urgence de la situation, rendue si évidente par la violence des canicules”, assure dans The Guardian le chroniqueur et militant écologiste George Monbiot.
Pour toutes ces raisons, il nous enjoint à ne pas désespérer. “Le désespoir engendre le désespoir, il ôte toute capacité d’action et c’est exactement ce que ces salauds recherchent, écrit-il. Mais surtout, le désespoir n’a pas lieu d’être.” C’est le message que nous aimerions vous offrir pour cette rentrée.
En bref
Grâce aux “coolcations”, des vacances fraîches
Quand le Financial Times part en vacances, il plébiscite les coolcations (contraction de cool, “froid”, et de vacations, “vacances”), comme de plus en plus de voyageurs. Des destinations comme la Norvège, la Suède, l’Islande, le Danemark et la Finlande connaissent un réel essor. Autre solution face aux canicules et aux incendies estivaux, décaler ses dates de vacances ou privilégier l’activité aux heures les moins chaudes. Pour en savoir plus, c’est ici.
El Niño s’annonce exceptionnel
Avec une température moyenne de surface du Pacifique qui devrait être supérieure de 3 °C par rapport à la moyenne, le phénomène cyclique El Niño en cours devrait être exceptionnel, prévoit le Met Office, le service britannique de météorologie. Ce qui contribuerait à faire de l’année prochaine l’une des plus chaudes de l’histoire. “Il n’y a pas de preuves que le changement climatique augmente la fréquence des épisodes El Niño, mais leurs conséquences climatiques risquent d’être plus extrêmes dans un monde en réchauffement”, explique la BBC. Pour en savoir plus, c’est ici.
Le paludisme menace plus que jamais l’Afrique
Dans une étude publiée dans Science et relayée par The New York Times, des chercheurs s’inquiètent de l’apparition sur le continent africain d’Anopheles stephensi, une espèce de moustiques asiatique vectrice du paludisme, adaptée à l’environnement urbain et résistante aux insecticides. Par ailleurs, une autre étude, parue dans Nature, montre que, sous l’effet du réchauffement climatique, les zones de prévalence du paludisme se sont déplacées de l’Afrique de l’Ouest vers l’Afrique australe et l’Afrique de l’Est. Là, les infrastructures sanitaires nécessaires pour y faire face manquent, relève The Continent. Pour en savoir plus, c’est ici.
Ces arbres émetteurs d’ozone en ville
Certaines espèces d’arbres, dont les saules pleureurs et les peupliers, augmentent indirectement la production d’ozone, ce gaz au puissant effet de réchauffement. C’est ce qui ressort d’une étude de l’université Jinan, à Canton, en Chine. Les chercheurs “ont été surpris de mettre en évidence que la végétation urbaine était une contributrice bien plus importante que ce que l’on pensait”, rapporte Nature. Ces arbres émettent des composés organiques volatils (COV) qui, en interaction avec les oxydes d’azote (NOx) du trafic routier et de l’industrie, forment l’ozone. Pour en savoir plus, c’est ici.
À relire
Vous venez de lire l’édition no 150 de Climatiques.
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