« GRAND NORD, basses tensions » (« High North, low tensions »). Ce mantra avait été répété à l’envi par les pays arctiques, nordiques, scandinaves et par la Finlande [1]. Pourtant, même avant l’invasion russe de l’Ukraine, cette vision n’était déjà plus « valide » [2]. Et, de toute façon, la volonté américaine d’annexer le Groenland danois, débouchant sur un accord avec l’Alliance atlantique en 2026, a changé la donne en profondeur.
Quelles sont les nouveautés ? La Finlande et la Suède ont adhéré à l’Alliance atlantique. Malgré des sanctions internationales répétées et en partie efficaces, la Russie a pu assurer le renouvellement progressif de ses brise-glaces nucléaires et confirme son « pivot vers l’Asie ». La Chine coopère en Arctique avec Moscou d’une façon volontariste. Au Canada, les revendications des communautés autochtones se renforcent. Depuis 2022, les nombreuses organisations régionales et subrégionales, naguère si fières de leur supposée influence sur les grands pays riverains, prétendant fabriquer du compromis par vocation et vantant l’imparable logique des réseaux (« Small is beautiful »), ont souvent exclu la Russie, celle-ci pouvant aussi les quitter. On est donc loin de l’œcuménisme affiché en 2008 à Ilulissat par les cinq pays riverains (Canada, Danemark via le Groenland, États-Unis, Norvège via le Svalbard, Russie), célébrant le primat du droit international et la nécessité de la coopération. La renationalisation des enjeux est patente, au point que s’amorce une nouvelle radicalisation Est-Ouest (carte n° 1 : « OTAN et Russie, un nouveau monde bipolaire »).
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