La « nouvelle approche du développement », défendue par les pays du G7, lors d’une réunion à Paris les 29 et 30 avril, peut aussi s’entendre comme la fin de l’aide publique au développement.
Après avoir sabré, en 2025, leurs budgets d’aide – 56 % pour les Etats-Unis, 19 % pour la France –, les pays donateurs s’attaquent aux fondements de cette politique. Il n’est plus question dans le communiqué final de « solidarité ». Les pays du G7 veulent remplacer l’« aide au développement » par des « partenariats mutuellement bénéfiques ». Les pays pauvres ne sont plus considérés comme les récipiendaires d’une aide, mais comme des partenaires.
Premier argument mis en avant par Bercy pour justifier cette nouvelle approche : les pays en développement auraient tellement émergé qu’ils seraient devenus les concurrents des pays riches. Mais cela ne concerne que quelques pays, comme l’Inde ou le Brésil : ils ne reçoivent quasiment plus de dons mais bénéficient de prêts à des taux intéressants qui rapportent de l’argent aux pays prêteurs.
En réalité, les inégalités dans le monde se creusent à nouveau après avoir diminué pendant des décennies. Fin 2025, la quasi-totalité des pays industrialisés affichaient un revenu par habitant supérieur à celui d’avant la pandémie de Covid-19, selon la Banque mondiale, alors que plus d’un tiers des pays à bas revenu était plus pauvre qu’il y a cinq ans.
Ce ne sont donc pas les besoins de solidarité qui diminuent, mais les budgets publics. Les pays du G7 appellent d’ailleurs à « mobiliser d’autres sources de financement durables », notamment l’argent des diasporas ou des fondations philanthropiques. Cette multiplication des sources de financement augmente le risque de fragmentation de l’aide tout en diminuant son efficacité. Sans évoquer la crainte que certaines entreprises utilisent l’aide, à travers leurs fondations, comme levier pour obtenir des marchés ou des concessions ; ou qu’elles privilégient les crises les plus médiatisées pour maximiser leur visibilité. Les fondations philanthropiques sont utiles, encore faut-il poser la question de leurs intérêts. Cela vaut aussi pour les pays donateurs.
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