La nouvelle anthologie de prières publiée par la Maison-Blanche [sous le titre Prayers and Proclamations Throughout American History] s’ouvre sur un mythe : le récit de l’arrivée au cap Henry, près de l’actuelle Virginia Beach, de colons anglais qui vont dresser là une haute croix en bois et consacrer cette terre à Dieu, par la prière.
Un événement qui, selon l’ouvrage, “souligne à quel point le christianisme, et en particulier la foi protestante, a accompagné l’aventure coloniale anglaise dès ses tout débuts”. À ceci près, comme le concède le texte plus loin, qu’il n’existe aucune preuve que cette prière a bien eu lieu.
Pour certains historiens et spécialistes de la religion, la présence de cette anecdote apocryphe témoigne d’une volonté plus globale du gouvernement Trump de profiter du 250e anniversaire des États-Unis pour inscrire la fondation du pays dans une démarche explicitement chrétienne.
La séparation institutionnelle de la religion et de l’État en question
Le président Trump a de fait annoncé divers événements à tonalité religieuse centrés presque exclusivement sur le christianisme, dont une opération “America Prays” invitant les Américains à se retrouver chaque semaine pour prier par groupe de dix, ou une National Prayer qui doit se tenir en mai sur la National Mall,
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