- M le mag M le mag
- Canada Canada Canada
Une rentrée littéraire marquée par les écrivains québécois : « Notre littérature est peut-être moins normée et plus libre »
Par Clémentine GoldszalEnquêteLa littérature canadienne francophone suscite depuis quelques années un engouement croissant sur le marché hexagonal, qui se confirme en cette rentrée littéraire. Porté d’abord par le travail de maisons indépendantes qui, outre-Atlantique, ont fait émerger une nouvelle génération d’écrivains, cet élan doit aussi beaucoup au soutien du gouvernement de la province.
C’était au mois de février. Comme cela arrive de temps en temps, la petite communauté des éditeurs de littérature étrangère est entrée en ébullition, et en concurrence, autour d’un texte. Particularité : il était signé d’un Québécois inconnu, primo-romancier de surcroît, mais était jugé si prometteur que neuf éditeurs ont renchéri, proposant tous plusieurs dizaines de milliers d’euros pour acquérir le roman. Joachim Schnerf, à la tête du domaine étranger chez Grasset, l’a emporté (pour un montant qu’il tient à garder confidentiel, mais qui avoisinerait les 80 000 euros).
C’était ça ou mourir, sorti le 19 août, est l’un des principaux enjeux commerciaux de la rentrée littéraire de la maison (bousculée au printemps par l’éviction brutale de son patron, Olivier Nora, sur décision de son propriétaire, Vincent Bolloré). Le livre de Thélyson Orélien, qui suit le périple d’un professeur haïtien de son île d’origine jusqu’au Canada, côtoie sur les tables des librairies nombre de ses compatriotes québécois.
Distribuée par des maisons d’édition françaises ou québécoises, la littérature francophone d’outre-Atlantique, dans tous les styles et pour tous les goûts, confirme son importance, mais surtout l’attrait qu’elle exerce, dans l’Hexagone, sur les éditeurs, les libraires et les lecteurs.
En cette rentrée, le choix sera large entre romans rural (Lait cru, de Steve Poutré, Les Escales), gothique (La Maison du rang Lynch, d’Alexie Morin, Le Quartanier), tendrement autobiographique (Herbier du souvenir, de Jean-François Beauchemin, Québec Amérique), classique (Ces enfants de ma vie, de Gabrielle Roy, Les Prouesses), d’anticipation (Le Mur, de Christian Guay-Poliquin, La Peuplade), mystérieux (Soleil d’abandon, de Mathieu Rolland, Plon) ; mais aussi essais féministe (Divas, de Martine Delvaux, Héliotrope) ou décolonial (Les Fascistes n’ont jamais compté les étoiles, de Yara El-Ghadban et Rodney Saint-Eloi, Mémoires d’encrier), et même un roman graphique (Y a d’la joie, de Michel Rabagliati, La Pastèque).
Il vous reste 88.82% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !