Cinéma. “Utena”, l’anime devenu culte dans la communauté queer américaine
Autrefois marginalisés, certains concepts issus de l’anime gay touchent désormais le grand public au-delà des initiés. “Grâce à Heated Rivalry, les gens sont de plus en plus nombreux à savoir ce que sont les yaoi et les fujoshi, pour le meilleur ou pour le pire”, constate IndieWire.
Or, “il y a un animé LGBTQI qui plane au-dessus de tous les autres et qui porte toujours l’étendard de la représentation queer dans ce médium”, assure le site spécialisé dans le cinéma indépendant.
C’est un anime japonais sorti il y a bientôt trente ans, et un peu tombé dans l’oubli depuis : Utena, la fillette révolutionnaire.
“Si vous cherchez une sériequi pousse le récit queerdans des directionssurprenantes, stimulantes,Utena, la fillette révolutionnairefait indiscutablementpartie des grandesnon seulement de l’anime,mais des séries télétout court.”
Le site américain spécialisé dans le cinéma indépendant IndieWire
Utena, la fillette révolutionnaire se déploie sur 39 épisodes, diffusés entre avril et décembre 1997 sur TV Tokyo.
L’histoire est celle du personnage éponyme (Utena) âgée de 14 ans et qui, enfant, a rencontré un jeune prince sur son cheval blanc (oui !) alors qu’elle venait de perdre ses parents. En souvenir, il lui a laissé une bague. Elle rêve de le retrouver. Mais surtout : elle rêve de devenir prince.
Pour IndieWire, Utena, la fillette révolutionnaire est à la fois subversive et radicale : “La série part du désir d’Utena de devenir prince pour remettre en question le rôle des hommes et des femmes. Pour Utena, il s’agit moins de faire partie de la famille royale ou de changer de genre, que d’incarner la force et la compassion symbolisés par le rôle de prince.”
“En l’opposant à la douce,mystérieuse et passiveAnthy, la série examineles contraintes que leurrôle traditionnel infligentaux hommes et aux femmes,avec un regard du côtéde la fluidité de genrequi demeure radicalaujourd’hui.”
Le site américain spécialisé dans le cinéma indépendant IndieWire
“Utena, la fillette révolutionnaire, est une œuvre difficile à résumer”, concède IndieWire.
Nous ne tenterons donc pas l’impossible. Mais pour faire court : “La regarder, c’est moins suivre un récit traditionnel que regarder une œuvre d’art, une œuvre qui est queer dans tous les sens du terme, de son esthétique à sa philosophie.”
Disons aussi que le fil conducteur de la série – comme dans la vie –, c’est l’amour. En plus, “l’histoire d’amour entre Utena et Anthy est traitée sans préjugés explicites de la part du reste des personnages”.
L’autre très bonne idée de la série, c’est d’être devenue un film. Et pas n’importe lequel.
Pour le site culturel américain Polygon, “rares sont les animes à avoir exercé un tel effet sur l’animation queer et d’auteur que L’Apocalypse de l’adolescence de Kunihiko Ikuhara. Sorti en 1999, ce film surréaliste qui réimagine radicalement la série déjà emblématique Utena, la fillette révolutionnaire n’a fait que grandir en influence depuis les décennies qui ont suivi”.
“Le film commencecomme une histoire d’amourfantastique et devientpeu à peu plus provocateur :le changement des costumeset la fluidité de la chorégraphieremettent en causele rôle traditionnellementassigné à chaque genreet rejettent totalementla dynamique prince-et-princesse associée aux contesde fées classiques.”
Le site culturel américain Polygon
“Au fil du temps, le film est devenu une référence importante du discours queer dans l’anime. On saluait l’intimité émotionnelle et la complexité qui caractérisent la relation entre Utena et Anthy à une époque où ce genre de représentation était excessivement rare dans ce médium”, rappelle enfin Polygon.
À tel point qu’à l’occasion du mois des fiertés, le film était diffusé dans les salles obsures états-uniennes et canadiennes. En France, la série est disponible sur la plateforme de streaming ADN.—
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !