La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, a affirmé, lundi 11 mai depuis La Haye, aux Pays-Bas, que sa patrie n’a pas vocation à devenir le 51e Etat des Etats-Unis. Une clarification qui intervient alors que le président américain, Donald Trump, se targue de contrôler le pays. « Cela n’aurait jamais été envisagé, parce que s’il y a bien une chose que nous, Vénézuéliennes et Vénézuéliens, avons, c’est que nous aimons notre processus d’indépendance, nous aimons nos héros et héroïnes de l’indépendance », a répondu à une journaliste l’interrogeant sur le sujet Mme Rodriguez, qui a succédé à Nicolas Maduro, capturé par l’armée américaine le 3 janvier.
La dirigeante a ajouté que son gouvernement travaille à « un agenda diplomatique de coopération » avec les Etats-Unis, après avoir rétabli en mars les relations diplomatiques avec Washington rompues par M. Maduro il y a sept ans. Delcy Rodriguez s’exprimait depuis La Haye, où elle s’est rendue pour une audience de la Cour internationale de justice concernant le différend de l’Essequibo, territoire riche en pétrole administré par le Guyana mais revendiqué par Caracas.
Réformes et amnistie
Selon des médias américains lundi, Donald Trump a confié à Fox News envisager « sérieusement » de faire du Venezuela le 51e Etat américain. En mars, le président avait publié sur son réseau Truth Media un message humoristique évoquant cette possibilité : « De bonnes choses arrivent au Venezuela ces derniers temps (…) Etat no 51, quelqu’un ? »
Mme Rodriguez, ancienne vice-présidente de Nicolas Maduro, a fait adopter des réformes des lois pétrolière et minière, ouvrant ces secteurs aux acteurs privés, notamment américains, ainsi qu’une amnistie qui a conduit à la libération de centaines de détenus politiques – quelque 500 d’entre eux restent derrière les barreaux. Elle a aussi promis une réforme judiciaire. Le président Trump s’est félicité à plusieurs reprises des actions menées par la présidente par intérim et assouplit graduellement les sanctions visant le pays caribéen. L’opposition vénézuélienne réclame, elle, des élections.