La pandémie de Covid-19 avait mis en lumière les chauves-souris rhinolophes. L’infection humaine par hantavirus va nous apprendre à connaître un tout autre mammifère : le rat pygmée de rizière à longue queue. Si on ignore encore la façon exacte dont le premier croisiériste du Hondius a été infecté, le réservoir dans lequel il est allé puiser est connu : Oligoryzomys longicaudatus, le nom scientifique de ce petit rongeur, découvert en 1832 par le chirurgien naval et biologiste Frederick Bennett.
Contrairement à ce que son nom évoque, l’animal n’est ni vraiment petit ni adepte des rizières. Avec son corps d’environ 10 centimètres et son poids de 30 à 40 grammes, il écraserait le minuscule rat des moissons (8 grammes), mais pas le surmulot, notre cher rat brun, et ses 140 à 500 grammes. Quant aux fameuses rizières, elles lui viennent du nom scientifique fixé au début du XXe siècle… sans que personne ne comprenne le lien avec la céréale. Bref, il n’y a que la longue queue qui soit bien choisie, puisque avec 11 à 13 centimètres, elle dépasse la taille de son corps.
Endémique de l’Amérique du Sud, vivant loin des maisons et des récoltes, il a longtemps joui d’une image largement positive dans son aire de répartition, le sud du Chili et de l’Argentine. « Contrairement aux espèces introduites, comme le rat noir, et au rat brun, lui était natif, sauvage et avait évolué avec l’écosystème sud-américain », explique Ulyses Pardiñas, chercheur au Conseil national de la recherche scientifique et technique, l’institut national de recherche argentin, et plus grand spécialiste des rongeurs sud-américains.
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