COURRIER INTERNATIONAL : Nous nous trouvons en lisière de Lisbonne, dans l’ancienne entreprise de recyclage qui vous sert aujourd’hui de studio. Qu’est-ce qui vous a attiré, avec votre équipe, entre ces murs ?

ALEXANDRE FARTO, aka VHILS : C’est ici que nous nous sentons chez nous. Cela va bientôt faire dix ans que nous nous sommes installés sur cette rive sud du Tage [en face de Lisbonne]. Il y a une certaine poésie à nous retrouver dans cette ville de Barreiro, un ancien faubourg industriel. Quelque 10 000 personnes ont longtemps travaillé ici, dans de grandes usines qui ont peu à peu fermé dans les années 1980 et 1990.

Aujourd’hui, beaucoup d’artistes viennent s’installer de ce côté du Tage, chassés par la pression immobilière dans le centre de Lisbonne. C’est tranquille, et nous sommes entourés de friches industrielles : c’est pour nous un grand terrain de jeu, où nous pouvons expérimenter plein de choses.

Le besoin d’espace a donc été le critère déterminant ?

C’est aussi un lieu avec lequel j’ai des attaches émotionnelles. Je suis né et j’ai grandi à Seixal, une autre banlieue industrielle, tout près d’ici. Plus tard, pour exister en tant qu’artiste et être accepté par le monde de l’art, j’ai dû m’installer dans le centre de Lisbonne, puis à Londres [à partir de 2007, quand