De violents affrontements ont opposé les forces gouvernementales somaliennes et des groupes liés à l’opposition dans la nuit du 3 au 4 juin à Mogadiscio. Des vidéos, authentifiées par Le Monde, font entendre des échanges de tirs à proximité des résidences de plusieurs figures de l’opposition, dont celle de l’ancien premier ministre, Hassan Ali Khaire. Ce dernier a accusé le président, Hassan Cheikh Mohamoud, d’avoir ordonné une attaque contre son domicile.
Ces violences interviennent dans un contexte de forte tension politique. En mars, le Parlement a adopté une réforme constitutionnelle prévoyant notamment l’instauration du suffrage universel direct ainsi que l’allongement du mandat présidentiel de quatre à cinq ans. L’opposition y voit une tentative de maintien au pouvoir.
Aucun bilan officiel n’était disponible au lendemain des combats, alors que des discussions étaient engagées entre les deux camps. Dans un communiqué publié le 3 juin, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a appelé l’ensemble des acteurs somaliens à « faire preuve de la plus grande retenue, à protéger les civils et à privilégier le dialogue pour résoudre leurs différends politiques ».