Deux empires diamétralement opposés, dirigés par deux personnalités antagonistes, vont tenter, lors d’une rencontre, d’empêcher que les flammes d’un monde en transition ne se transforment en un brasier incontrôlable”, résume gravement El País.

Cette rencontre, qualifiée par la presse internationale de “décisive”, “stratégique”, “à haut risque” et “aux enjeux énormes” a débuté jeudi matin à 10h00 locales (4h00 en France) devant le Palais du Peuple, sur la place Tiananmen, avec “une fanfare cérémonielle” et une revue militaire “minutieusement chorégraphiée”, soulignant “l’importance que les deux parties accordent à cette visite, alors même que les attentes quant à des percées majeures demeurent prudentes”, observe Channel News Asia (CNA).

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Les deux hommes sont apparus détendus, échangeant amabilités et commentaires – le mot “merveilleux” a été prononcé par Donald Trump à plusieurs reprises, semble-t-il – et le locataire de la Maison-Blanche a paru particulièrement enchanté par le spectacle de dizaines d’enfants sautillant avec des bouquets de fleurs aux cris de “Bienvenue !”

Les délégations américaine et chinoise sont entrées dans le Palais du Peuple peu avant 10h30 et ont pris place autour d’une immense table, pour le premier échange bilatéral au menu de la visite officielle de Donald Trump en Chine – la première depuis neuf ans pour un président américain. Le milliardaire est arrivé à Pékin mercredi soir, et doit repartir pour les États-Unis vendredi.

“Partenaires, pas rivaux”

En ouverture des discussions, Xi a lancé à Trump, assis juste en face de lui : “Nous devrions être partenaires, et non rivaux, œuvrer au succès mutuel, prospérer ensemble et tracer la voie juste permettant aux grands pays de la nouvelle ère de cohabiter”, rapporte NBCNews.

Trump a salué en retour leur “relation fantastique” et a affirmé éprouver “un immense respect” pour Xi et pour la Chine, qualifiant ce dernier de “grand dirigeant”, précise la chaîne américaine. “Il a ajouté que la délégation américaine se réjouissait d’aborder la question des échanges commerciaux réciproques”.

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En revanche, les deux hommes ont soigneusement évité de mentionner la guerre en Iran dans leurs remarques préliminaires, réservant sans nul doute le sujet pour leurs discussions à huis clos. Car outre “un large éventail de sujets épineux, notamment le commerce et la technologie”, le conflit iranien devrait “planer sur la réunion”, Donald Trump voulant “inciter Xi à faire pression sur Téhéran” pour trouver une issue à la guerre, note CNN.

Le président américain a également fait l’éloge de sa délégation – composée entièrement d’hommes, comme la délégation chinoise –, où figurent notamment son secrétaire d’État, Marco Rubio, et son ministre de la Défense, Pete Hegseth.

Taïwan, “priorité absolue” de Pékin

Ce sommet “pourrait déterminer si la détente qui a prévalu entre les deux superpuissances se poursuivra, ainsi que les concessions, le cas échéant, que chacune des parties est prête à faire”, analyse The New York Times.

Pour le quotidien américain, la “priorité absolue” de Xi Jinping reste Taïwan, “la question la plus susceptible de déclencher une guerre entre les deux superpuissances”. Xi pourrait tenter de persuader Trump de “rompre avec la politique américaine établie de longue date, en l’amenant à déclarer qu’il s’oppose à l’indépendance de Taïwan”.

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Un objectif qui relève de la gageure, reconnaît le quotidien, mais le dirigeant chinois “dispose d’un atout de poids : le levier économique dont la Chine dispose sur Téhéran, ainsi que la perspective qu’elle puisse potentiellement contribuer à rouvrir le détroit [d’Ormuz] et à atténuer les retombées économiques de la guerre, qui ne cessent de s’amplifier”.

Mais le discours chinois officiel, relayé par le Global Times, se veut beaucoup conciliant et optimiste, assurant que les deux pays s’orientent “vers le respect mutuel, la coexistence pacifique et une coopération gagnant-gagnant”. Pour le quotidien lié au Parti communiste chinois, “l’avenir des relations sino-américaines” est tout simplement “radieux”.