Nous vivons une époque où nous pouvons tout choisir, et pourtant, jamais nous n’avons tant souffert de l’incertitude. La promesse d’une infinie liberté est devenue source d’angoisse sans fin.

C’est que l’éventail des choix n’est pas proportionnel au bonheur ; au contraire, il se traduit parfois par davantage de doutes, de culpabilité, et un plus grand vide. Trop de choix tue le choix : c’est la “paralysie décisionnelle”. Le cerveau se fige, on hésite, on compare, on repousse l’échéance…

Et au final, on fait un choix avec, quelque part, le sentiment d’un ratage. Cette indécision quotidienne témoigne de ce grand mal contemporain qu’est la difficulté à admettre que tout choix est aussi, fatalement, un renoncement.

La peur de faire le mauvais choix

Le psychologue américain Barry Schwartz qualifie ce conflit de “paradoxe du choix” : loin de nous rendre plus libres, avoir plus d’options nous rend plus malheureux.

Dans un monde qui valorise la perfection, l’erreur est vécue comme un échec personnel et enclenche dans le cerveau la même réaction que face à une menace. [Le psychologue et économiste israélo-américain] Daniel Kahneman, lauréat du prix Nobel d’économie, a montré que notre cerveau n’était pas fait pour traiter autant d’informations, ni faire face à tant d’ambiguïté.

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