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Politique

Élections : un mensonge incessant et tenace !

Rien n’a changé dans le pays ; les élections restent une arme entre les mains de la classe dirigeante, qui ne fait que plonger le pays dans la ruine. C’est une farce qui ne vaut pas la chandelle de l’alarme électorale déclenchée par le Conseil électoral provisoire (CEP) et ses cadres iss

Élections : un mensonge incessant et tenace !
HaitiCreoleRadio.com

Rien n’a changé dans le pays ; les élections restent une arme entre les mains de la classe dirigeante, qui ne fait que plonger le pays dans la ruine. C’est une farce qui ne vaut pas la chandelle de l’alarme électorale déclenchée par le Conseil électoral provisoire (CEP) et ses cadres issus de la petite bourgeoisie, composés d’intellectuels corrompus de la classe moyenne. Ils accommodent aisément les contrevenants ainsi que le gouvernement d’oligarques fidèles à l’impérialisme, dirigé par le Premier ministre de facto, Alix Didier Fils-Aimé. Toute cette mascarade autour du conflit budgétaire et du décret électoral, opposant le CEP à l’Exécutif, n’a trompé personne. Elle n’avait pour but que d’endormir la population et de maintenir un accord entre ces traitres de la cause nationale. Ainsi, les membres du CEP n’ont rien à perdre : ils bénéficient de salaires et d’indemnités garantis tant que la transition se maintient.

Agissant comme des agents rémunérés, appliquant scrupuleusement les décisions et instructions reçues, cela ne les dérangerait guère, s’il n’y avait jamais d’élections. La question des élections est devenue primordiale, notamment après l’effondrement de la Conférence nationale et l’annulation du référendum. Des sommes importantes avaient été dépensées pour préparer cet événement, et le gouvernement de Fils-Aimé n’a fourni aucune explication quant au gaspillage de ces fonds. Pour apaiser les esprits, le CEP a annoncé la tenue d’élections en août 2026. Cependant, Fils-Aimé a refusé cette option, car toute élection signifierait pour lui une perte de pouvoir. Il n’avait pas payé les mercenaires du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) pour qu’ils viennent passer quelques mois à la Primature.

C’est pourquoi, lorsqu’ils ont tenté de le limoger, il leur était hostile. À mesure que le CEP progressait, Fils-Aimé cherchait à freiner son élan. Il a même tenté d’évincer certains membres du CEP afin d’en prendre le contrôle absolu et de retarder le processus. Pour Fils-Aimé, l’important n’était pas tant l’organisation des élections que son maintien au pouvoir le plus longtemps possible. Et même si des élections devaient avoir lieu, c’est son entourage et ses partisans qui auraient été chargés de veiller à ce que le pouvoir ne change pas de mains et reste sous leur contrôle. C’est dans ce contexte que l’actuel Premier ministre est parvenu à éluder la question des élections d’août 2026, invoquant principalement l’insécurité et un budget électoral excessif. Finalement, les tensions s’apaisent et les protagonistes, tant au sein du CEP que de l’exécutif, trouvent un terrain d’entente. La liste définitive des partis politiques autorisés à participer au processus électoral est publiée par décret le 2 juin.

Un budget de 120 millions de dollars a été alloué, mais le premier tour des élections présidentielles et législatives, prévu pour le 30 août 2026, aura-t-il lieu ? C’est là le dilemme. Ni le CEP ni le gouvernement ne peuvent déclarer qu’ils n’organiseront pas d’élections cette année. Cela les mettrait à dos toute la classe politique. Ils préfèrent donc jouer sur le mensonge, donnant l’illusion de préparer des élections, alors qu’il s’agit en réalité d’une intoxication minutieusement déclenchée pour apaiser les acteurs politiques qui ont besoin des élections pour accéder au pouvoir afin de perpétuer les mêmes politiques corrompues. Ce sont les mêmes fossoyeurs de la nation qui se recyclent avec des objectifs inavoués. Le processus électoral orchestré par le CEP, impliquant 316 partis politiques invités à se regrouper en plateformes, n’est qu’une manœuvre dilatoire rendue possible par la complicité de certains acteurs locaux de la classe politique traditionnelle. Si l’idée reste théoriquement envisageable sur le papier, elle s’avère quasi impossible à concrétiser dans la réalité.

Ces soi-disant partis politiques ne cherchent qu’à s’associer aux projets de l’administration américaine pour servir la puissance impériale. Aucun de ces partis ne partage d’intérêt commun, et encore moins d’intérêt national. Ces mouvements sont systématiquement motivés par des ambitions individuelles visant à satisfaire des intérêts personnels. Dans ces conditions, ce projet de regroupement est voué à l’échec ! Cette démarche n’est qu’une illusion destinée à faire croire que la machine électorale fonctionne et que des élections auront lieu prochainement. Cette initiative du CEP et du gouvernement, sous prétexte de faciliter l’organisation des élections, ne permettra jamais d’atteindre cet objectif. Elle ne servira que les intérêts du CEP et du gouvernement en renforçant les fruits amers de la division. Elle leur permettra de prolonger leur mandat et constituera, tout comme l’insécurité, une nouvelle stratégie de maintien au pouvoir.

Cela fait cinq ans que l’opposition au pouvoir de Jovenel Moïse qui a fini par accéder à la tête de l’État suite à son assassinat n’a rien apporté de concret au pays, si ce n’est une désorganisation sociale. Elle ne poursuit que la mise en œuvre d’un projet impérialiste pour Haïti, raison pour laquelle elle est dépourvue de tout projet national. Son seul objectif est de conserver le pouvoir le plus longtemps possible sans rien accomplir. Après tout, elle bénéficie du soutien de l’impérialisme. Ce n’est pas un hasard si Jack Christofides, représentant spécial de la Force de répression des gangs (FRG), a fixé au 30 septembre 2028 l’échéance pour atteindre les résultats attendus de la mission. C’est un message clair signifiant que, si des élections devaient avoir lieu, ce serait sans aucun doute en cette année-là, 2028.

Il s’agit d’une machination bien huilée, menée avec la complicité tacite du pouvoir en place et du CEP. La question des élections en Haïti est un mensonge incessant et tenace que l’on ne cesse d’invoquer, pendant ce temps, l’impérialisme américain renforce son dispositif militaire avec des soldats internationaux et multiplie à dessein ses manœuvres de toutes sortes afin de démanteler davantage les structures du pays. L’impérialisme, par le biais de l’ONU, affiche officiellement sa volonté que des élections soient organisées, mais, en réalité, il s’en désintéresse. Il s’accommode en effet à accélérer l’effondrement du pays, conformément à son plan machiavélique de déstabilisation néfaste en cours dans le but d’empêcher par tous les moyens le développement et la reconstruction du pays et également à mieux nous exploiter.

En tout état de cause, il est une autre réalité qu’on ne peut jamais ignorer. Avec de tels ennemis, on ne peut que lutter contre eux. La marche vers le changement en Haïti ne peut se faire sans s’attaquer à la racine de la crise, sans combattre le système capitaliste qui ronge le pays et suce le sang des masses laborieuses. Ce combat exige l’organisation de la lutte de classe contre le gouvernement actuel et contre la domination néocoloniale. Seules les masses organisées peuvent contraindre ce gouvernement fantoche et ses parrains, assassins impérialistes, à battre en retraite et nous laisser gérer nos affaires en paix.

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