Rappelons rapidement les faits. Membre du Conseil législatif palestinien depuis 1996, Marwan Barghouti a joué un rôle de premier plan lors de la deuxième Intifada, déclenchée en septembre 2002 dans la foulée de l’échec du sommet de Camp David. Il est à l’époque chef du Tanzim (« organisation »), la faction armée du Fatah. Le 15 avril 2002, il est enlevé à Ramallah par des agents israéliens, assigné devant un tribunal civil et condamné à cinq peines de prison à vie pour avoir commandité des attentats contre des civils israéliens qui ont fait cinq morts. Il y a plusieurs manières de considérer cette affaire : juridique, morale, humanitaire et politique. Sans minimiser l’importance des trois premiers, c’est ce dernier aspect que je voudrais aborder ici.
Barghouti n’est pas n’importe quel prisonnier palestinien parmi les quelque 9 500 « détenus de sécurité » dans les prisons israéliennes. Il est le « Mandela palestinien », le seul capable d’unifier son peuple autour d’un projet national. Or, ce projet national, tel qu’il le conçoit, est aussi le mien, celui des restes épars du camp de la paix israélien et celui de l’ensemble de la communauté internationale : la solution à deux Etats.
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