Le Parlement bolivien a approuvé, dimanche 7 juin, une loi autorisant le président de centre droit, Rodrigo Paz Pereira, à recourir à l’armée afin de lever les barrages routiers tenus depuis un mois par des manifestants réclamant sa démission.
Paysans, mineurs, transporteurs et autres travailleurs opposés au gouvernement maintiennent depuis plus d’un mois des barrages routiers à travers le pays pour protester contre la pire crise économique que connaît la Bolivie depuis quatre décennies.
Cette « loi est adoptée et transmise au pouvoir exécutif aux fins constitutionnelles requises », a déclaré le président de la Chambre des députés, Roberto Castro, après l’adoption du texte, au terme de quinze heures de séance ininterrompue qui s’est achevée à l’aube.
Au pouvoir depuis six mois, Rodrigo Paz Pereira envisage de décréter l’état d’exception, qui lui permettrait de recourir davantage à l’armée et de restreindre les libertés de réunion et de circulation, essentielles aux manifestations.
Les militaires bénéficieront d’une « présomption de légalité »
Jusqu’à présent, l’implication des militaires est restée limitée, tant en termes de déploiement de matériel que d’effectifs, la police antiémeute demeurant en première ligne lors des opérations de déblocage des routes.
Samedi, de violents affrontements ont opposé policiers et paysans dans la localité de San Julian, dans la prospère région de Santa Cruz, dans l’est du pays, faisant six blessés parmi les forces de l’ordre et 14 parmi les civils.
L’un des articles de la loi adoptée prévoit que les militaires bénéficieront, durant l’état d’exception, d’une « présomption de légalité » et que le gouvernement devra assurer leur défense juridique. Cette disposition vise à dissiper les craintes des militaires d’être poursuivis au pénal pour usage de la force si la situation l’exige dans un contexte de conflit.
Plusieurs hauts responsables militaires du gouvernement de droite de Jeanine Añez (2019-2020) avaient été poursuivis puis emprisonnés après des affrontements entre forces de l’ordre et civils qui avaient fait plus de 30 morts après le départ du pouvoir de l’ancien président de gauche Evo Morales.