La façade du bâtiment, niché en plein cœur de Tbilissi, en Géorgie, est tapissée de dessins obscènes et d’insultes : « agents de l’étranger », « putes », « ennemis de la nation », « esclaves ». Les tags, en lettres rouges, témoignent de la guerre que livre le gouvernement à la société civile, aujourd’hui à l’agonie dans cette ancienne république soviétique du Caucase. Ici, les insultes visent l’association des jeunes juristes Gyla, qui défend les citoyens tabassés et emprisonnés dans le cadre des manifestations – ininterrompues depuis novembre 2024 – contre la suspension du processus d’intégration à l’Union européenne (UE). Mais toutes les ONG du pays défendant la démocratie et les droits humains subissent la même campagne de haine, d’une ampleur inédite depuis l’indépendance après la chute de l’URSS, en 1991.
Dernier contre-pouvoir, la société civile est devenue la cible du régime, qui multiplie les lois pour la réduire au silence. Ces attaques coïncident avec la volte-face du gouvernement après l’invasion russe de l’Ukraine, en février 2022. Le parti au pouvoir depuis 2012, Rêve géorgien, s’est détourné de l’UE, à laquelle la Géorgie est officiellement candidate depuis 2023, pour se rapprocher de Moscou, au grand désespoir de la population, à 75 % favorable à l’intégration européenne selon les sondages. Depuis, le pays s’enfonce dans l’autoritarisme.
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