Présentée vendredi 17 juillet par la Commission européenne, la “refonte très attendue du système d’échange de quotas d’émissions carbone (ETS, pour Emissions Trading System)”, entame encore plus le Pacte vert européen et “soutient davantage le monde industriel”, constate Le Temps.
“Bruxelles propose d’assouplir le principal instrument politique des Vingt-Sept pour lutter contre les effets du changement climatique, qui poursuit l’objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 90 % d’ici à 2040”, résume le quotidien suisse. Objectif : “apporter plus de flexibilité aux entreprises”.
Délais allongés et quotas gratuits
Concrètement, les industries pourraient désormais “émettre du CO2 sur une période plus longue”, au-delà du délai jusque-là fixé à 2039. De même, “les centrales électriques, les compagnies aériennes et autres industries grandes consommatrices d’énergie” disposent de “davantage de quotas de CO2 gratuits en échange d’investissements dans des projets visant à la décarbonation en Europe”.
Cette nouvelle encoche au Green Deal européen “risque d’affaiblir la méthode la plus efficace dont dispose l’Europe pour réduire les gaz à effet de serre”, avance The Guardian. La Commission européenne affirme vouloir “offrir un chemin moins contraignant pour réduire les émissions de gaz à effet de serre” des entreprises, mais cet allègement intervient en plein épisode de “vagues de chaleurs extrêmes sur tout le continent et d’incendies meurtriers en Espagne”. Et alors que l’Europe “a connu le mois de juin le plus chaud de son histoire, avec des températures record”, dont les scientifiques expliquent qu’elles seraient “quasiment impossibles sans le réchauffement climatique”.
Chaque jeudi, les pistes de la presse étrangère pour agir face au dérèglement climatique et s’adapter
“Dix États membres, dont l’Italie, la Pologne et la Roumanie, avaient réclamé en mars dernier à la Commission le réexamen approfondi du système pour aider les consommateurs d’électricité et l’industrie”, rappelle The Economist.
Introduits en 2005, les ETS obligent les entreprises à acheter “des permis ou des quotas pour chaque tonne de CO2 qu’elles émettent”, explique la BBC. Leur mise en place progressive devait “créer une incitation financière à investir dans des technologies plus propres”.
Ce levier de la lutte contre le réchauffement climatique a créé un marché carbone où “les entreprises peuvent acheter des quotas supplémentaires ou les échanger”, permettant à certains d’obtenir “gratuitement des quotas pour les aider face à la concurrence étrangère”, poursuit le média public britannique. Cette nouvelle version ne prendra pas effet avant un an, le plan de la Commission devant “encore être approuvé par les pays membres et les parlementaires”.
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