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Le “microcheating”, c’est “micro-tromper” ou “maxi-psychoter” ?

C’est un terme qui embrase à nouveau les réseaux sociaux : le “microcheating”. Le site canadien “Urbania” explique que la “microtromperie” revient à accorder trop d’intérêt à quelqu’un d’autre que son partenaire. Sauf qu’en plus d’être flou ce terme peut nourrir des co

Le “microcheating”, c’est “micro-tromper” ou “maxi-psychoter” ?
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Love, etc.. Le “microcheating”, c’est “micro-tromper” ou “maxi-psychoter” ?

On ne badine pas avec l’amour. Et, outre-Atlantique, on badine encore moins avec l’adultère.

Car si vous êtes très à cheval sur la fidélité et l’exclusivité – pas en couple libre, quoi –, il est possible que vous ayez entendu parler du microcheating, que l’on pourrait traduire par “microtromperie”.

Pour le site canadien Urbania, “il y a de quoi sombrer dans la paranoïa”. Alors de quoi s’agit-il ? Décryptage.

“C’est au couple de juger ce qui relève ou non de la tromperie, rappelle le magazine américain The Atlantic. Mais, de l’avis général, la microtromperie n’a rien à voir avec une transgression physique flagrante (c’est là que le préfixe ‘micro’ est essentiel). C’est quelque chose de subtil, qui se fait généralement en ligne.”

“Imaginez qu’on tuela confiance en luifaisant des milliersde microcoupuresavec une feuillede papier.”

La thérapeute de couple Erin Pash, au magazine américain Vogue

“La microtromperie, c’est cette zone floue un peu gênante où l’infidélité n’est pas claire et nette, mais où les comportements sapent la confiance”, explique le thérapeute Daren Banarsë, cité par Vogue.

Le premier problème, c’est que le flou inhérent à la définition du terme “microtromperie” peut rendre suspect à peu près n’importe quel comportement, même innocent.

Car, concrètement, ça peut être tout.

“La microtromperie repose souvent sur un langage subtil, celui des signes non verbaux, précise à Vogue le thérapeute de couples Terri DiMatteo. Cela peut passer par un regard, un rire ou encore un contact physique sans sous-entendu sexuel, mais trop familier, trop intime.”

À toutes fins utiles, Vogue a donc dressé une petite liste (non exhaustive) des comportements susceptibles de relever de la microtromperie (il y en a clairement des moins micro que d’autres).

“Envoyer des messages en secret à quelqu’un d’autre ; effacer ses messages ; se plaindre de son partenaire à d’autres personnes ; rester en contact avec ses ex ou d’anciens flirts ; faire mine d’être célibataire, en ligne ou dans la vraie vie ; être tactile avec quelqu’un d’autre ; chercher à impressionner quelqu’un d’autre ; cacher une amitié ; espionner en ligne quelqu’un qui nous plaît ; conserver son profil sur un site de rencontres.”

Et il reste sept exemples…

“Autrement dit, il peut s’agir de comportements moins flagrants, mais dont les conséquences peuvent être aussi dévastatrices pour la relation que des formes plus évidentes de tromperie”, complète Vogue.

Cerise sur le gâteau : nos données, archives de toutes nos interactions numériques (et des cœurs lâchés à la volée sur Insta), peuvent constituer autant de “preuves” de ces microtromperies retenues contre nous.

Le deuxième problème, c’est que le concept de microcheating peut alimenter une emprise potentielle et renforcer des comportements abusifs.

“‘Tu as liké la photo de ton ex, tu me trompes !’, ‘Tu as mis un emoji cœur sur le statut Facebook d’un collègue, tu me trompes !’, ‘Tu écris à ton amie sans me prévenir avant, tu me trompes !’ ‘Je le sais, c’est documenté, ça s’appelle du ‘microcheating’, Tu. Me. Trompes !” imagine le site canadien.

Or, “s’il y a quelque chose de clair, c’est que culpabiliser l’autre pour mieux le ou la contrôler, c’est un gros non”.

“À la base, quandon est en couple,on peut éprouverun intérêt émotionnelou physique pourd’autres personnes,sans quoi on seraitdes ermites fusionnelsvivant avec des œillères,et ça, ce serait inquiétant.”

Le site canadien Urbania

Enfin, il y a quelque chose d’infiniment triste à imaginer se retenir de vivre une belle relation platonique, le tout afin de se prémunir à tout prix de ces microtromperies, dans l’éventualité où l’intention serait mal interprétée.

Car, même si on est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux, on aime.—

Éloïse Duval
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