Au Portugal, une remorque chargée de produits chimiques saisis lors d’une vaste opération antidrogue est devenue le symbole d’une tempête politique. Luís Neves, ministre de l’Intérieur depuis février et patron de la Police judiciaire au moment des faits, reconnaît avoir autorisé son stockage gratuit chez un entrepreneur privé. Une solution qui aurait permis, assure-t-il, de faire économiser 150 000 euros à l’État, rapporte le média ZAP.

Problème : pour l’heure, aucune autorisation écrite n’a été retrouvée et l’entrepreneur travaillait pour la police judiciaire, tout en réalisant des travaux dans la propriété privée de Neves. À cela s’ajoutent une piscine construite sans autorisation et des déclarations de patrimoine déclarées et corrigées tardivement. À ce stade, rien ne permet de conclure à une affaire de corruption. Mais, après trois semaines de silence, la conférence de presse du ministre, le 29 juillet, a relancé dans le pays le débat sur une vieille spécialité nationale : le desenrascanço, qui désigne l’art de se débrouiller, quitte à prendre quelques libertés avec les règles.

Une crédibilité et une autorité désormais “blessées”

L’éditorialiste São José Almeida résume dans Público la méthode en combinant trois expressions portugaises dans une formule assassine : porreirismo