Dans la communauté des économistes, une espèce à part s’est imposée aux Etats-Unis : le carré de « Frenchies » Camille Landais, Thomas Piketty, Emmanuel Saez et Gabriel Zucman. Libéraux au sens américain du terme, c’est-à-dire de gauche, ils sont depuis plus de dix ans le poil à gratter de la réflexion économique. Normaliens, ils ont tous étudié et enseigné dans plusieurs prestigieuses universités américaines, que ce soit le Massachusetts Institute of Technology (Piketty, Saez), Harvard (Saez), Berkeley (Saez, Landais, Zucman) ou Stanford (Landais, Zucman), ce qui leur donne une parfaite connaissance des rouages politico-académiques américains.
Dans les années 2000, Thomas Piketty et Emmanuel Saez, après avoir épluché les statistiques fiscales américaines, en ont tiré un tableau effarant des inégalités de patrimoine. En 2014, Piketty a publié en anglais Le Capital au XXIe siècle, devenu un best-seller outre-Atlantique. Cinq ans plus tard, Emmanuel Saez et Gabriel Zucman ont publié The Triumph of Injustice (Le Triomphe de l’injustice, Seuil, 2020) et lancé le site Taxjusticenow.org, qui mettent au jour les fortunes et leur (faible) taxation. Aujourd’hui, ils repartent en campagne pour défendre le projet de référendum californien visant à instaurer une taxe exceptionnelle (unique, donc) de 5 % sur le patrimoine des milliardaires, étalée sur cinq ans. Cette potentielle loi sera soumise au vote le 3 novembre, jour des élections américaines de mi-mandat.
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