Bunia - “Nous n’arrêtons pas de demander mais nous n’avons toujours rien reçu”, lâche Moïse Bulabantu dans un dispensaire miteux en périphérie de Bunia, une ville située dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Cet infirmier de 38 ans est le seul agent de santé publique d’un district qui compte plus de 40 000 habitants et où progresse un foyer infectieux du virus Ebola. Il voit tous les jours des patients qui souffrent de fièvre ou de vomissements, mais les pouvoirs publics n’ont pas encore envoyé d’équipements de protection. “Nous réclamons le minimum, insiste Moïse Bulabantu, dont les yeux sont cernés. Nous n’avons que des gants.”

Ce que raconte ce soignant est courant dans toute la province d’Ituri, la plus touchée par l’épidémie d’Ebola. Lorsque le gouvernement congolais l’a déclarée, le 15 mai, la maladie se propageait depuis au moins six semaines, ce qui a poussé l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à la qualifier d’urgence de santé publique deux jours plus tard. À ce jour, les autorités sanitaires ne parviennent pas à stopper la contagion.

Au 11 juillet, la RDC avait recensé 1 830 infections, dont plus de 90 % d’entre elles en Ituri, et 648 décès. Le 9 juillet, les pouvoirs publics ont admis que la maladie s’était étendue à deux autres provinces. Il e