“Nous sommes prêts à tout bloquer. L’administration ne peut pas continuer à ne pas nous donner de réponses sur cette affaire qui dure depuis au moins quinze ans. S’ils ne nous permettent pas de construire notre mosquée, nous sommes prêts à descendre dans la rue. Si l’on se met en grève à Venise, Mestre, et Marghera, la société [de construction navale] Fincantieri, s’arrêtent, ainsi que tout le tourisme, les restaurants et les hôtels. Vous voulez voir ?”

C’est à la suite de ces déclarations, relayées jeudi 27 août par le Corriere della Sera, que la question de la mosquée de Venise a cessé d’être un problème local pour devenir soudain une affaire d’ampleur nationale. Ces mots ont été prononcés par Prince Howlader, un des leaders de la communauté bangladaise de la commune de Venise, qui compterait selon certaines estimations environ 20 000 membres. Voilà plus d’une décennie qu’ils demandent à pouvoir disposer d’un lieu de culte. L’association Giovani per l’umanità (littéralement “Les jeunes pour l’humanité”), représentant une partie de la communauté, a même acheté des locaux dans une ancienne zone industrielle abandonnée dans l’objectif d’y construire une mosquée grâce à ses propres fonds.

Changement d’édile

Il était raisonnable de penser que le projet pouvait obtenir l’aval de l’a