[Cet article a été publié pour la première fois sur notre site le 23 mars 2026, et republié le 20 mai]
Dans un témoignage publié par le site Business Insider, l’Américain Thomas Stack revient sur son semestre d’échange à l’université du Zhejiang, en Chine, devenue depuis un mastodonte mondial de la recherche. Son récit éclaire, de l’intérieur, l’expérience d’un expatrié confronté à une culture universitaire d’une tout autre intensité que celle de son pays :
“J’ai étudié à l’université du Zhejiang, l’établissement chinois qui vient d’arriver en tête du classement mondial de la recherche universitaire.”
Dix ans plus tôt, alors étudiant à Tufts University, il quitte pour la première fois le Massachusetts pour Hangzhou. Le campus international, adossé à la colline boisée de Yuquan, offre aux étrangers un environnement à taille humaine au sein d’une université tentaculaire répartie sur plusieurs sites.
Le choc est immédiat. Logement individuel avec salle de bains, banquet d’accueil, cantine réputée : pour l’équivalent de 1,84 euro, “on pouvait obtenir un repas copieux à toute heure de la journée”, des bouillies de riz matinales aux légumes sautés et porc aigre-doux du soir, préparés à la demande.
Mais c’est surtout l’exigence académique qui marque le jeune homme. Quatre heures quotidiennes de langue, plusieurs heures de travail personnel, puis des séminaires de trois heures, notamment sur l’histoire paysanne chinoise, dispensé par un professeur “qui s’appuyait largement sur sa propre expérience en tant qu’universitaire envoyé à la campagne pendant la Révolution culturelle de Mao”.
Devant lui, des étudiants chinois sélectionnés au terme d’un parcours implacable. “La route vers l’admission pour la plupart des étudiants chinois était comparativement longue et exténuante.” Après des années de préparation au gaokao, concours d’admission à l’enseignement supérieur, l’effort ne faiblit pas. Tandis que les étrangers voyagent le week-end, “beaucoup d’étudiants locaux […] étaient plus susceptibles d’étudier à la bibliothèque un vendredi ou un samedi soir”.
Lui-même découvre la sévérité des corrections : “Une légère erreur de prononciation ou un trait mal placé dans un caractère écrit […] étaient sévèrement sanctionnés par mes professeurs à l’université du Zhejiang.”
En 2025, il apprend que son ancienne université a été nommée “université la plus productive au monde en matière de recherche selon le classement de Leiden, devançant même […] Harvard”. Une reconnaissance qui, à ses yeux, prolonge ce qu’il avait perçu dès 2013 : “une culture de rigueur académique à une échelle que peu d’universités américaines peuvent égaler”. Pour cet Américain, le Zhejiang n’a pas seulement été un séjour d’études, mais une leçon sur le déplacement du centre de gravité universitaire mondial.
Diplômé sans avenir, il s’expatrie et trouve une carrière
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