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Géopolitique

A Pékin, Xi Jinping prévient Donald Trump du risque de « conflit » sur Taïwan

Le président chinois reçoit son homologue américain jeudi et vendredi sur fond de multiples désaccords sur les échanges commerciaux, l’approvisionnement en terres rares ou Taïwan, et de tensions liées au conflit au Moyen-Orient.

A Pékin, Xi Jinping prévient Donald Trump du risque de « conflit » sur Taïwan
HaitiCreoleRadio.com

Xi Jinping a mis en garde Donald Trump. « La question de Taïwan est la plus importante dans les relations sino-américaines. Si elle est bien traitée, les relations entre les deux pays [Chine et Etats-Unis] pourront rester globalement stables. Si elle est mal traitée, les deux pays se heurteront, voire entreront en conflit », a déclaré le président chinois, jeudi 14 mai, employant un mot en mandarin ne signifiant pas nécessairement conflit militaire. Le président américain a commencé, jeudi, une visite de deux jours à Pékin, un sommet dont l’île de Taïwan est annoncée comme un des enjeux.

La Chine considère Taïwan comme l’une de ses provinces, qu’elle n’a pas réussi à unifier avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949. Elle plaide pour une solution pacifique mais se réserve la possibilité de recourir à la force. Elle est hostile à tout agissement qui à ses yeux nuirait à une « réunification » non négociable et inéluctable, et s’oppose aux livraisons d’armes américaines.

La politique américaine sur Taïwan repose sur un soutien militaire robuste à l’île, sans reconnaissance à part entière ni soutien ouvert aux velléités d’indépendance. « La partie américaine a réaffirmé à plusieurs reprises son soutien clair et ferme à Taïwan », a réagi après la rencontre la porte-parole du gouvernement taïwanais, Michelle Lee.

Malgré leurs nombreux différends, la Chine et les Etats-Unis doivent être « des partenaires, pas des rivaux », a par ailleurs affirmé le président chinois, Xi Jinping, à son homologue américain, Donald Trump.

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« La coopération profite aux deux parties, tandis que la confrontation nuit aux deux. (…) nous devons nous entraider pour réussir et prospérer ensemble, traçant ainsi une nouvelle voie, celle de la bonne entente entre grandes puissances en cette nouvelle ère », a déclaré M. Xi à M. Trump, ajoutant que le monde était « à la croisée des chemins ».

Le leader chinois a serré la main du président américain au bas des marches du Palais du peuple, haut lieu du pouvoir jouxtant, au cœur de la capitale, l’immense place Tiananmen pavoisée aux couleurs chinoises et américaines.

Les deux hommes en costume sombre ont écouté jouer les hymnes et passé en revue une garde militaire au son d’une salve de canons, puis ont foulé le tapis rouge devant une foule d’enfants portant des fleurs et agitant les drapeaux des deux pays en scandant « bienvenue, bienvenue, chaleureuse bienvenue ! »

« Ça va être génial »

« C’est un honneur d’être à vos côtés. C’est un honneur d’être votre ami, et les relations entre la Chine et les Etats-Unis vont être meilleures que jamais », a dit Donald Trump, assurant : « Nous allons avoir ensemble un avenir fabuleux. »

La Chine a voulu recevoir Donald Trump avec faste pour la première visite d’un président américain depuis celle que l’actuel locataire de la Maison Blanche avait lui-même effectuée en 2017. M. Xi donne un banquet en son honneur jeudi soir. Vendredi, il partage le thé puis le déjeuner avec lui.

Ces marques d’attention envers un invité connu pour son goût du faste, et qui a reporté ce voyage initialement prévu en mars à cause de la guerre en Iran, ne feront pas disparaître les multiples motifs de crispation qui attendent les deux présidents dans leurs discussions à huis clos programmées après la cérémonie d’accueil.

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L’avenir des échanges entre les deux plus grandes économies mondiales s’annonce comme l’un des sujets du sommet, qui a été précédé mercredi par des pourparlers commerciaux et économiques entre délégations américaine et chinoise en Corée du Sud.

« Ça va être génial », avait assuré M. Trump à son départ des Etats-Unis. Il avait affirmé mi-avril que M. Xi, peu enclin aux effusions personnelles en public, lui ferait un « gros câlin » à Pékin. Il a surenchéri mardi sur les promesses de son déplacement et sur la qualité de sa relation personnelle avec son homologue, un « ami à moi ».

Elon Musk et le PDG de Boeing parmi la délégation

En haut de la liste de vœux de Washington figurent des accords dans le domaine de l’agriculture et peut-être la confirmation d’une commande massive d’appareils auprès de Boeing. M. Trump a emmené le PDG de l’avionneur, Kelly Ortberg, mais aussi Elon Musk et les patrons d’Apple ou du géant des puces électroniques Nvidia.

Alors qu’il était en route pour la Chine, M. Trump a dit sur les réseaux sociaux qu’il presserait M. Xi d’« ouvrir » son pays aux entreprises américaines. Avec l’excédent commercial chinois, les pratiques déloyales ou les violations de propriété intellectuelle imputées à la Chine, les obstacles à l’accès au marché chinois sont l’un des grands griefs des Etats-Unis, comme d’autres pays développés, à l’encontre de Pékin.

Les autres points de friction ne manquent pas : approvisionnements en terres rares ou en semi-conducteurs, Taïwan, auxquels est venue s’ajouter fin février la guerre en Iran.

Selon le gouvernement américain, M. Trump entend faire pression pour que la Chine, un partenaire stratégique et économique primordial de l’Iran dont elle est le principal pays importateur de son pétrole, use de son influence en vue d’une sortie de crise dans le Golfe.

« Nous espérons les convaincre de jouer un rôle plus actif pour amener l’Iran à renoncer à ce qu’il fait actuellement, et à ce qu’il cherche à faire dans le golfe Persique », a déclaré le secrétaire d’Etat, Marco Rubio, à Fox News, selon un extrait d’une interview enregistrée pendant le vol vers la Chine. Donald Trump, quant à lui, a dit qu’il aurait « une longue conversation » avec Xi Jinping sur le dossier iranien.

La quasi-fermeture du détroit d’Ormuz sous l’effet des blocus iranien et américain impacte directement la Chine. Sur le long terme, disent les experts, elle est si dépendante des échanges internationaux, qu’elle a des raisons de s’inquiéter du contrecoup sur son économie d’un conflit qui se prolongerait. La Chine a martelé à l’approche du sommet qu’elle en espérait « plus de stabilité » dans les relations internationales.

Le Monde avec AFP

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