La Cour suprême du Brésil a sommé, mercredi 29 juillet, l’ancien président Jair Bolsonaro de s’expliquer sur une vidéo dans laquelle un double de lui créé par intelligence artificielle soutient la candidature de son fils Flavio à la présidentielle d’octobre. L’ex-chef de l’Etat a interdiction de s’exprimer publiquement alors qu’il purge, à son domicile, une peine de vingt-sept ans de prison pour une tentative de coup d’Etat après sa défaite au scrutin de 2022.
Samedi, un deepfake à son image a été projeté lors de la convention du Parti libéral qui a lancé la candidature de Flavio Bolsonaro. « Ceci est une simulation de mon image et de ma voix réalisée par intelligence artificielle. Comme tout le monde le sait ici, je suis emprisonné et réduit au silence par une décision injuste », déclarait l’avatar numérique du leader d’extrême droite. « Je vous demande d’accueillir à bras ouverts la personne que j’ai choisie pour me remplacer, la chair de ma chair, mon fils Flavio », ajoutait cette réplique.
« Grave transgression »
La cour a demandé à la défense de l’ex-président d’expliquer dans un délai de quarante-huit heures si l’image a été créée avec son consentement, dans une décision publiée mardi soir. Si le deepfake a été autorisé par Jair Bolsonaro, il y aurait une « grave transgression » de ses conditions de détention, affirme le juge Alexandre de Moraes.
Et si l’ancien chef de l’Etat n’a pas donné son autorisation, son fils Flavio pourrait avoir enfreint la loi électorale, qui interdit de créer des deepfakes de personnalités publiques pour diffuser des messages politiques sans leur aval, selon le magistrat.
En mars, le juge Moraes a accordé à Jair Bolsonaro, 71 ans, emprisonné plusieurs mois, de purger sa peine en résidence surveillée pour raisons de santé. Il doit toutefois s’abstenir d’utiliser les réseaux sociaux et de faire des déclarations publiques.
Flavio Bolsonaro sera opposé en octobre au président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, qui briguera un quatrième mandat.