Jamais deux sans trois. L’industrie de l’acier au Royaume-Uni a déjà été nationalisée à deux reprises, en 1949 puis en 1967, par les travaillistes. Et, à chaque fois, un gouvernement conservateur a ensuite privatisé l’opérateur, rebaptisé British Steel, la dernière fois en 1988 par la Dame de fer, Margaret Thatcher. Près de quarante ans plus tard, c’est encore un gouvernement Labour qui s’apprête à placer l’industriel dans le giron de l’Etat. A travers cette nationalisation, le premier ministre britannique, Keir Starmer, veut montrer de quel métal il est fait après la déroute électorale historique subie jeudi 7 mai. Mais cette décision, qui relève plus d’une nécessité que d’un grand virage à gauche, ne résout rien.
Keir Starmer a, en effet, annoncé lundi son intention de « prendre le contrôle total » de British Steel, dont le site de Scunthorpe, dans le nord-est de l’Angleterre, se trouve déjà sous cocon public depuis avril 2025. A l’époque, le gouvernement avait pris des mesures d’urgence afin d’empêcher le chinois Jingye, propriétaire du sidérurgiste depuis 2020, d’éteindre les derniers hauts fourneaux du berceau de la révolution industrielle.
Il y va de « l’intérêt national », a réaffirmé, lundi, Keir Starmer. Dans un monde fragmenté et hostile, pas question pour le Royaume-Uni d’être dépendant des importations d’aciers essentiels, notamment pour l’industrie de défense. S’ajoutent à cela les emplois, et un bassin industriel à sauver. Faute d’accord avec Jingye sur la valeur de British Steel, le gouvernement a décidé de passer en force avec une loi de nationalisation. Clarifier la situation était indispensable, mais la grande question demeure : pour quelle politique industrielle ?
Il vous reste 37.72% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !