Keir Starmer n’a pas cédé à la pression. Le premier ministre britannique a affirmé, mardi 12 mai à ses ministres, réunis à Downing Street, qu’il voulait « continuer à gouverner », malgré les appels de plus en plus pressants à sa démission au sein du Labour Party, sa formation, depuis les résultats désastreux du parti aux élections locales. « Le pays attend de nous que nous continuions à gouverner. C’est ce que je fais et ce que nous devons faire en tant que gouvernement », a-t-il déclaré, selon un communiqué.
« J’assume la responsabilité de ces résultats électoraux et je m’engage à mettre en œuvre les changements que nous avons promis », a-t-il répété, après un discours attendu, la veille, dans lequel il avait déjà exclu toute démission, et estimé que le « chaos lié aux changements constants de dirigeants » avait coûté « très cher » au Royaume-Uni.
M. Starmer a noté que les dernières quarante-huit heures avaient été « déstabilisantes pour le gouvernement », dénonçant un « coût économique réel pour notre pays et pour les familles ». Toutefois, « le Parti travailliste dispose d’une procédure pour contester la direction du parti, et celle-ci n’a pas été déclenchée », a-t-il rappelé lors de la réunion hebdomadaire du cabinet.
Calendrier pour une transition ordonnée
Son allocution n’a toutefois pas fait taire les critiques. Selon un décompte de la BBC, 78 députés travaillistes, sur un total de 403 ont pourtant appelé le premier ministre à quitter ses fonctions, ou à fixer un calendrier en vue de son retrait, ce qui permettrait d’organiser sa succession à la direction du parti. Selon le règlement du Parti travailliste, une motion de défiance à l’encontre du premier ministre au profit d’un remplaçant doit recueillir les signatures de 20 % du groupe parlementaire, soit 81 députés.
Une secrétaire d’Etat britannique a présenté mardi sa démission pour pousser Keir Starmer à quitter son poste, une première pour un membre du gouvernement. « Je vous exhorte à faire ce qu’il faut pour le pays et pour le parti et à établir un calendrier pour une transition ordonnée pour qu’une nouvelle équipe puisse mener les changements que nous avons promis pour le pays », a déclaré la secrétaire d’Etat, Miatta Fahnbulleh dans sa lettre de démission, publiée sur X.
Alors que la pression monte sur le gouvernement britannique, les taux d’intérêt des emprunts d’Etat à long terme du Royaume-Uni se sont envolés mardi matin. Le taux à 30 ans a atteint mardi un plus-haut à 5,814 %, dépassant son sommet de la semaine dernière et retrouvant des niveaux inédits depuis 1998. Le taux à 10 ans, à 5,135 %, a retrouvé des niveaux qui n’avaient plus été vus depuis la crise financière de 2008.