Après trois années de recul des effectifs internationaux, les Pays-Bas infléchissent nettement leur politique d’enseignement supérieur. Selon The PIE, média de référence sur l’éducation internationale, la nouvelle coalition gouvernementale marque un tournant après une période de restrictions qui a pesé lourdement sur l’attractivité du pays auprès des étudiants étrangers et, à terme, des expatriés qualifiés.
Les annonces, rendues publiques le 30 janvier, mettent fin à la réduction programmée de certains cursus en anglais et annulent des coupes budgétaires massives. L’association des universités de recherche néerlandaises (UNL) salue des orientations “prometteuses”, tout en rappelant l’ampleur des dégâts. Son porte-parole, Ruben Puylaert, avertit ainsi que les dommages causés par les coupes budgétaires du gouvernement précédent “ne peuvent tout simplement pas être annulés en un an”. Il insiste aussi sur la nécessité d’une visibilité de long terme pour la recherche, jugeant qu’il est “crucial de maintenir le cap et de continuer à avancer vers l’objectif de 3 % du PIB consacrés à la R&D.”
Le changement de ligne se traduit par un investissement de 1,5 milliard d’euros dans l’éducation et la science, annulant environ 1,2 milliard d’euros de réductions décidées sous l’influence du parti d’extrême droite de Geert Wilders. Ces politiques visaient notamment à limiter l’arrivée d’étudiants internationaux en réduisant l’offre de formations en anglais et en imposant le néerlandais comme langue d’enseignement. Résultat : les inscriptions internationales ont reculé pendant trois années consécutives, avec une baisse de 5 % en 2024-2025, tandis que Studyportals évoque un manque à gagner potentiel de 5 milliards d’euros pour l’économie.
Pour le directeur général de Studyportals, Edwin van Rest, ce revirement envoie un signal bien au-delà des Pays-Bas, “montrant que les récits populistes et anti-immigration (au moins pour les talents hautement qualifiés) peuvent être surmontés.” Il souligne que l’éducation internationale reste un levier structurel, “plus fort que les flux et reflux de la politique”. Près de 50 % des diplômés internationaux restent travailler aux Pays-Bas. À l’heure où de nombreux pays ferment leurs portes, ce repositionnement rend au pays une place centrale dans la géographie européenne de l’expatriation qualifiée.
Étudiants internationaux : la nouvelle stratégie du Canada
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