L’air traqué, Mayra, qui n’a pas souhaité donner son nom, fait tourner son doigt à vive allure près de sa tempe. « Mes dettes, j’y pense tout le temps, dès que je me réveille, la nuit : comment rembourser ? J’en fais des crises de panique », confie cette mère célibataire de 35 ans vivant à Villa Soldati, un quartier populaire de Buenos Aires. En ce mois d’avril pluvieux, ses voisines et elle partagent un maté, l’infusion phare des Argentins, dans son salon aux murs humides.
Le verbe rapide, la trentenaire décline ses dus : un échéancier de paiement avec intérêts auprès du service d’électricité, de petites sommes empruntées à différents proches, 3 millions de pesos (1 860 euros) avec des intérêts qui gonflent depuis deux ans auprès d’une application de paiement, et ce qu’elle doit à un prêteur, 700 000 pesos aujourd’hui. « Surtout, ne jamais aller voir un prêteur ! », intime-t-elle à ses amies, elles aussi endettées. Cette figure incontournable des quartiers populaires s’assure d’être remboursée en agitant la menace d’une mauvaise réputation ou de représailles. Les taux d’intérêt pratiqués sont exorbitants, jusqu’à 200 %.
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