S’il reste un dernier domaine où la coopération internationale demeurera, ce sera celui de la politique monétaire. Kevin Warsh, le nouveau président de la Réserve fédérale (Fed), à son poste depuis moins de six semaines, a fait le déplacement à Sintra, au Portugal, pour le grand séminaire annuel organisé par la Banque centrale européenne (BCE) lundi 30 juin et mardi 1er juillet, et où se trouvent une bonne partie des banquiers centraux de la planète. Tous ses prédécesseurs avaient fait de même. Mais la venue de celui qui a été nommé par Donald Trump n’était pas acquise.
« C’est vraiment une excellente nouvelle qu’il ait fait son premier déplacement international ici », note, soulagée, une source du conseil des gouverneurs de la BCE. D’autant que l’homme a multiplié les amabilités envers ses homologues, à commencer par Christine Lagarde, la présidente de la BCE, qu’il connaît depuis bientôt deux décennies. Cette coopération entre grands argentiers s’est souvent avérée essentielle en temps de crise, notamment au début de la pandémie de Covid-19.
Ce séminaire se déroulait alors que la BCE est prise à contre-pied. Le 11 juin, elle a augmenté son taux d’intérêt de 2 % à 2,25 %, afin de contrer la hausse de l’inflation provoquée par le blocage du détroit d’Ormuz et l’envolée du prix du pétrole. Pas de chance avec le calendrier : les Etats-Unis et l’Iran ont signé un accord mettant fin au conflit quatre jours plus tard. Depuis, les prix du pétrole chutent, et sont désormais à 71 dollars le baril, très légèrement au-dessus de leur prix précédant le conflit au Moyen-Orient. La BCE a-t-elle commis une erreur en se précipitant pour durcir sa politique monétaire, au risque de ralentir le peu de croissance qui reste en Europe ?
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