Donald Trump dit son texte avec conviction, tel un acteur de théâtre bien rodé. Mercredi 1er juillet, peu avant de monter à bord du nouvel Air Force One, un Boeing 747-8 à 400 millions de dollars (350 millions d’euros) récemment offert par le Qatar, le président américain répète une fois de plus devant les journalistes « sa » vérité : celle d’une domination écrasante des Etats-Unis sur l’Iran obtenue grâce à la force militaire.
« La dénucléarisation de l’Iran avance bien », lance le chef de la Maison Blanche avant de s’envoler vers le Dakota du Nord. « Nous les avons frappés très fort pendant trois nuits, mais nous nous entendons bien. Donc j’appelle ça dénucléarisation », insiste-t-il, évoquant les « progrès » des derniers pourparlers qui ont eu lieu, la veille, entre délégations iranienne et américaine à Doha, au Qatar.
Aux dires de proches des négociations, la réalité est tout autre. Depuis la signature, le 17 juin, du protocole d’accord entre Washington et Téhéran, pour mettre fin à la guerre lancée par les Etats-Unis et Israël le 28 février, aucune discussion profonde visant l’avenir du programme nucléaire iranien n’a été sérieusement amorcée. Les parties prenantes en sont encore à parlementer sur la liberté de circulation dans le détroit d’Ormuz qui devait être un postulat du protocole. « La situation est finalement aujourd’hui comparable à celle du 8 avril, après le cessez-le-feu », se désole Elie Tenenbaum, directeur du centre d’étude de sécurité à l’Institut français des relations internationales (IFRI).
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