Lorsque la Süddeutsche Zeitung a été fondée, le 6 octobre 1945, les missions que lui ont attribuées les forces d’occupation américaines étaient claires : elle devait informer ses lecteurs de l’actualité de l’après-guerre, mais aussi “éliminer l’idéologie et le militarisme nazis de l’âme et du cœur des Allemands”. Ce second objectif, estime aujourd’hui le journal bavarois, n’a – au moins dans un premier temps – pas été atteint.

La récente mise en ligne par les États-Unis de millions de documents datant de la période nazie a poussé Knud von Harbou, chef adjoint du service Feuilleton du quotidien de gauche, à se pencher à nouveau sur l’histoire du média et de ses fondateurs. Il révèle que l’un d’entre eux, August Schwingenstein, écrivait sous pseudonyme des chroniques favorables au nazisme entre 1933 et 1944 – des textes bien loin de ceux qu’il écrivait dans sa jeunesse pour critiquer le Parti national-socialiste (NSDAP).

Franz Josef Schöningh aurait quant à lui passé une partie de la guerre en Pologne occupée, où il était administrateur adjoint des districts de Sambor et de Tarnopol. “En tant que haut fonctionnaire, il était donc impliqué dans toutes les procédures organisationnelles qui visaient à anéantir la population juive” de ces territoires.

D’après Knud von Harbou, Schöning