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Culture

L’anthropologue Michel Naepels et l’intranquillité au Katanga

Dans ce nouveau numéro du magazine IDÉES, Pierre-Édouard Deldique vous propose le regard de l’anthropologue Michel Naepels sur le Katanga, la riche province de la République démocratique du Congo où il a effectué plusieurs missions, comme il l’explique dans l’émission, et notamment à

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L’anthropologue Michel Naepels et l’intranquillité au Katanga

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Dans ce nouveau numéro du magazine IDÉES, Pierre-Édouard Deldique vous propose le regard de l’anthropologue Michel Naepels sur le Katanga, la riche province de la République démocratique du Congo où il a effectué plusieurs missions, comme il l’explique dans l’émission, et notamment à l’Est, dans la région de Pweto, à la frontière zambienne entre 2011 et 2016.

«Chroniques de l'intranquillité, Violence, prédation et protection en situation postcoloniale», de Michael Naepels.
«Chroniques de l'intranquillité, Violence, prédation et protection en situation postcoloniale», de Michael Naepels. © École des Hautes Études des Sciences Sociales, Gallimard et le Seuil
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Il vient de publier Chroniques de l’intranquillité, un livre édité par l’École des Hautes Études des Sciences Sociales, Gallimard et le Seuil. Son sous-titre est éclairant : « Violence, prédation et protection en situation postcoloniale ». Il en parle avec clarté et précision.

Dans cet ouvrage singulier, Michel Naepels rassemble des fragments d’enquête, des scènes de terrain et des réflexions méthodologiques pour interroger ce que signifie « faire de l’anthropologie » dans des contextes marqués par la violence, l’incertitude et les rapports de pouvoir. 

Le livre se situe à la frontière entre journal de terrain, essai réflexif et méditation politique. Presque le livre d’un écrivain-voyageur. On y entend les habitants « dans un environnement social marqué par la faiblesse générale des ressources et des soutiens, et par des équilibres précaires qui peuvent être troublés par des aléas plus ou moins graves ».

Alors, « comment vivre dans une incertitude aiguë ? » « L’intranquillité » désigne l’état permanent dans lequel s’est longtemps trouvée la population de la région de Pweto prise au piège des guerres du Congo. En proie tout autant à « une économie de prédation reposant sur la privatisation des prérogatives publiques et des privilèges des positions d’autorité », dit-il au micro.

Le livre prolonge ses travaux sur la Nouvelle-Calédonie et les mémoires conflictuelles. La violence y apparaît comme une modalité ordinaire des relations sociales, non comme un événement exceptionnel.

Michel Naepels décrit des situations concrètes, souvent ambiguës, où les acteurs négocient, contournent ou reproduisent des rapports de force.

Son écriture est volontairement sobre, tendue, parfois presque sèche. Elle met en scène les hésitations, les malentendus, les angles morts. Elle montre que l’anthropologie n’est pas seulement une méthode, mais aussi une manière d’habiter le réel. Comme il le précise dans le livre, sa démarche s’inscrit « dans la tradition disciplinaire de l’anthropologie sociale, que caractérise sa prise de réel dans l’enquête de terrain ethnographique, attentive aux temporalités diverses qui parcourent le présent, aux échos et aux traces du passé, comme aux espoirs, aux rêves, aux utopies ».

Programmation musicale

  • Sanza Solitude - Manuel Wandji
  • Pardon (version Instrumentale) - Henri Dikongué
  • Sanza soundscape - Zenzile.

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