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« Les sciences ne peuvent pas être invoquées lorsqu’elles arrangent puis être ignorées lorsqu’elles dérangent »

Dans une tribune au « Monde », un collectif de chercheurs alerte sur l’utilisation des savoirs scientifiques comme arguments de communication plutôt que comme outils de décision, et s’alarme de la fracture démocratique.

« Les sciences ne peuvent pas être invoquées lorsqu’elles arrangent puis être ignorées lorsqu’elles dérangent »
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Les sciences irriguent notre société : elles influencent les décisions politiques, structurent les choix économiques, équipent notre quotidien, transforment la santé, les communications ou l’éducation. Pourtant, le fossé entre les espaces de production des savoirs scientifiques et leur circulation dans la société demeure immense. Cela s’accompagne, en outre, d’attaques de plus en plus fréquentes contre la recherche et ses agents : contestation des travaux sur le climat, remise en cause de la vaccination, suspicion de partialité envers les chercheurs notamment en sciences sociales, pressions politiques et financières. Plus qu’une simple crise de confiance, ces tensions doivent être comprises comme le signal d’alarme d’une fracture démocratique.

Cette fracture se nourrit d’un paradoxe profond. Les responsables politiques invoquent souvent la science, avant d’en ignorer les conclusions lorsqu’elles deviennent contraignantes. Sur la biodiversité, par exemple, les gouvernements affichent leur volonté de restaurer les écosystèmes, tandis que des cadres réglementaires sont assouplis au mépris de l’état de la recherche. Dans l’éducation nationale, le discours institutionnel prétend lutter contre les inégalités, mais n’intègre que peu les résultats des sciences éducatives et sociales, et plusieurs réformes récentes renforcent ces inégalités. Souvent, les connaissances existent, mais leur traduction dans les politiques publiques est toujours repoussée, ou n’est pas à la hauteur des enjeux.

Apparence de légitimité

Parallèlement, beaucoup de citoyens ont le sentiment que les sciences servent parfois moins à éclairer les choix qu’à leur donner une apparence de légitimité. Les crises sanitaires récentes ont mis en évidence cette fragilité. Lorsque la parole des chercheurs est convoquée dans l’urgence pour justifier des décisions politiques, elle risque d’être dévoyée pour devenir un simple instrument de validation de la contrainte.

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