La justice ougandaise a annoncé, vendredi 17 juillet, l’abandon des poursuites contre deux femmes accusées de s’être embrassées en public dans ce pays d’Afrique de l’Est où est appliquée une loi anti-LGBT + considérée comme l’une des plus sévères au monde.
Le texte, voté en 2023, prévoit de lourdes peines pour les personnes ayant des relations homosexuelles et faisant la « promotion » de l’homosexualité. Un crime d’« homosexualité aggravée » est passible de la peine de mort, une condamnation qui n’est toutefois plus appliquée depuis des années en Ouganda.
Les deux femmes, toutes deux dans la vingtaine, avaient été arrêtées en février à la suite d’une plainte de voisins dans la ville d’Arua, dans le nord-ouest du pays, car elles « avaient été vues en train de s’embrasser en public », avait alors expliqué à l’Agence France-Presse (AFP) la porte-parole de la police locale, Josephine Angucia.
« Je confirme que l’affaire a été abandonnée », a affirmé vendredi matin la porte-parole adjointe du parquet ougandais, Irene Nakimbugwe.
« Un climat de peur » pour la communauté LGBT+
Cette décision a été saluée par le défenseur des droits humains Frank Mugisha, pour qui cette affaire n’aurait toutefois « jamais dû arriver à ce stade. Elles n’auraient jamais dû être arrêtées, détenues ou soumises à une procédure pénale pour un acte consensuel présumé ».
« Embrasser n’est pas un crime, et personne ne devrait être persécuté pour ce qu’il est ou pour la personne qu’il aime », a-t-il encore déclaré, appelant à un « réexamen » des cas similaires et à une « abrogation » de la loi anti-homosexualité, qui est, selon lui, « utilisée comme une arme pour intimider, harceler et bafouer les droits et la dignité des personnes LGBTQ en Ouganda ».
L’Ouganda est un pays conservateur et majoritairement chrétien. La promulgation de la loi de 2023, très largement plébiscitée par la population ougandaise, avait suscité la condamnation de défenseurs des droits humains, des Nations unies et des pays occidentaux.
L’ONG Human Rights Watch, dans un long rapport publié en mai 2025, a accusé cette loi d’avoir « institutionnalisé l’homophobie » et de faire vivre depuis lors la communauté LGBT+ dans « un climat de peur ».